Anthere's blog

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jeudi, mai 3 2012

Motiver les participants d'un projet wiki: l'influence des rôles

Pour avoir vu fonctionner (ou ne pas fonctionner) un certain nombre de projets wiki depuis 2002, je réalise que l'influence des rôles tenus par les participants d'une plateforme wiki est souvent négligée, en particulier au sein des wikis "privés". Attention, je ne parle pas des statuts, qui donnent droit à un titre, à des responsabilités et accès à des outils techniques particuliers tel que le statut d'administrateur. Par "rôles", j'entend des types de tâches dont va s'occuper un participant, soit parce que cela lui a été imposé, soit qu'il se les est appropriées de lui même.

Le problème de bon nombre de wikis gérés par des entreprises est qu'ils ne présentent souvent que deux types de rôles.

  • le rôle de l'expert contributeur (c'est le salarié auquel on demande d'apporter des connaissances expertes métiers
  • et le rôle de l'animateur jardinier, qui fait tout le reste : le débugage, l'accueil des nouveaux, la formation, l'architecture de navigation, le petit nettoyage quotidien et j'en passe (c'est le salarié qui s'est vu attribuer cette mission au sein de l'entreprise)

Force est de constater que dans de nombreux cas, cela ne fonctionne pas très bien. L'animateur-jardinier se plaint d'être débordé et de tout faire (avec plus ou moins de succès). Quand aux experts-contributeurs, la motivation n'est pas toujours au rendez-vous et les contributions se font parfois rares. Le porteur du projet compte et recompte le nombre d'articles produits afin de mesurer le succès du projet aux nombres de fiches produites et note que ça ne marche pas bien fort. Par ailleurs, lui qui espérait "décloisonner" et susciter des relations nouvelles entre collaborateurs est assez déçu. La sauce "travail collaboratif" ne prend pas.

Voici quelques pistes de réflexion pour une autre approche.

Le rôle de l'animateur jardinier

En fait, l'erreur qui a été commise par le passé a été d'évoquer ce rôle de jardinier-animateur comme étant l'homme à tout faire, pouvant décharger les experts et leur laisser pleinement le temps de contribuer à créer du contenu expert.

En réalité, lorsque l'on observe une communauté wiki ouverte et mature, il est possible de distinguer 10 rôles différents. Mais Par exemple, un nouvel arrivant sur un projet wiki va souvent commencer par contribuer du contenu experts. Les plus actifs vont cependant avoir vite "fait le tour" et souhaiter aller plus loin. Ils vont alors s'investir dans d'autres rôles, comme l'accueil des nouveaux ou se faire plaisir en bidouillant les fonctionnalités techniques ou vont passer du temps à améliorer la catégorisation des contenus pour rendre l'expérience utilisateur plus agréable et efficace. Il est fort rare qu'un contributeur ne tienne qu'un rôle à la fois, mais leur plaisir à contribuer viendra de leur investissement pluriel. Ils vont avoir tendance à se "spécialiser" en fonction de leur disponibilité, de leurs compétences, de leurs envies, et du degré de maturité de la communauté et de leur présence au sein de celle ci.

Ceci est à rapprocher des conditions d'émergence de l'intelligence collective, qui incluent l'importance de mettre en place une structure sociale polymorphe où chaque membre prend le "lead" au fil des besoins; la cartographie des relations entre les participants se réactualise en permanence en fonction des circonstances, des expertises, de la perception de chacun, des tâches à accomplir ou des règles définies par le contrat social.

Pour autant, ce besoin de structure polymorphe est plus facile à évoquer qu'à mettre en oeuvre. Identifier les 10 rôles principaux facilite cette mise en oeuvre.

Le schéma d'Anthère

Le schéma ci dessous vise à positionner ces 10 rôles selon 4 directions.

  • A la verticale, l'axe personne/contenu souligne une spécialisation et un intérêt plus poussés vers le capital social (les autres participants ou lecteurs) ou au contraire vers le contenu proprement dit.
  • A l'horizontal, l'axe page/site souligne un focus plutôt accès sur un petit nombre d'articles ou une thématique ou au contraire une approche plus globale.

Schéma des rôles tenus sur un wiki

Le créateur expert est un participant dont l’activité consiste à ajouter du contenu expert. C’est le profil le plus “classique” et évident. Par contenu, on peut entendre du texte, mais aussi bien sûr des illustrations, des schémas, des enregistrements audios etc.

L’affineur est un participant dont l’activité consiste à remanier des pages wiki déjà existantes mais perfectibles.
Ses activités peuvent être assez diverses. Il peut s’agir de simplement corriger des erreurs typographiques, de retoucher la syntaxe, d’améliorer le style afin que l’article soit plus compréhensible et agréable à lire. Il peut aussi s’agir de restructurer le contenu pour une meilleure présentation globale, de simplifier ou au contraire compléter des points manquants, vérifier des informations ou ajouter des références.
L’affineur peut détenir une plus ou moins grande expertise sur le contenu. Même peu versé dans le sujet de la page, sa participation peut néanmoins grandement améliorer la qualité du contenu proposé. Il connait bien les règles éditoriales et sait les appliquer. Son aide est particulièrement appréciée lorsque le contributeur expert .... ne possède pas d'excellentes qualités pédagogiques ou rencontre des difficultés syntaxiques... ou ne contribue pas dans sa langue natale !

L’archiviste est un participant dont l’action consiste à améliorer la classification et l’accessibilité des contenus.
Son activité est transversale. Il imagine des modèles pour normaliser la présentation des contenus. Il les catégorise. Il participe souvent à l’amélioration de l’organisation du contenu, à travers la création de listes ou de portails thématiques ou de systèmes de navigation transverse. Il élimine les contenus redondants.
L’archiviste n’a pas forcément de compétences en matière de contenu expert (cela peut aider cependant). En revanche, il est minutieux et joue un rôle essentiel pour l’usabilité du wiki.

Le contrôleur-évaluateur est un participant dont l’action consiste à mettre en évidence les contenus manquants, incomplets, périmés ou au contraire les contenus à haute qualité afin de garantir un certain niveau de qualité au contenu global.
Il aimera mettre en place des systèmes de validation, catégoriser les contenus en fonction de leur niveau de qualité, reproduire un processus éditorial de publication. Le contrôleur-évaluateur sera aussi souvent à l’origine de la mise en place de système de concours visant à identifier le “meilleur article wiki” ou “la plus belle photo” ou “le contributeur le plus prolifique”

Le patrouilleur est un participant dont l’action consiste à suivre l’activité rédactionnelle de ses pairs afin de détecter les cas d’abus ou d’erreurs et les annuler. Eventuellement, le patrouilleur peut avoir la possibilité de protéger des pages en écriture ou bloquer des participants peu coopératifs.
Le rôle de patrouilleur a surtout un sens sur les wikis publics et largement ouverts à la participation. Il n’est pas nécessaire d’avoir une expertise sur le contenu des pages.

Le régulateur-facilitateur est un participant dont l’action consiste à observer l’activité éditoriale et les comportements des contributeurs et à proposer diverses règles et recommandations pour mieux coordonner et faciliter le processsus éditorial. Il commente souvent les règles proposées par ses pairs.
Son activité éditoriale sur les pages wiki est réduite. Il est surtout présent dans les zones de discussions. Il connait généralement les règles et processus par coeur et est incollable sur leur évolution au cours du temps. Il connait généralement bien les contributeurs et leurs compétences respectives et n’hésite pas les stimuler diversement. Selon les wikis, le “régulateur-facilitateur” peut être le “gérant” du projet wiki ou bien des personnes très impliquées et auto-nominées.

Le bidouilleur technique est un participant dont l’activité consiste à améliorer l’expérience utilisateur (lecteur ou rédacteur).
Il intervient peu sur les contenus proprement dit. Ce qui l’intéresse est plutôt d’identifier voire implémenter tout ce qui peut aider ses pairs. D’un point de vue technique, c’est souvent lui qui signale les bugs ou demande des améliorations de l’interface ou recommande l’addition de nouvelles fonctionnalités. Lorsqu’il a des compétences techniques, il aimera développer le petit outil qui facilitera la vie des autres contributeurs (outils statistiques; outils de surveillance pour les patrouilleurs etc.) et qui fera souvent de lui le héros du jour.

Le pompier médiateur est un participant qui vient en aide aux contributeurs en désaccord.
Selon les wikis, son rôle sera plutôt celui d’un arbitre qui tranche et impose arbitrairement une solution, voire des sanctions ou bien celui d’un médiateur dont le rôle est de faciliter la conversation entre protagonistes pour les aider à trouver un consensus. Sur certains wikis, il s’occupera également de la “hotline” pour répondre aux diverses demandes de lecteurs ou participants.
Il est capable de rester calme en toutes circonstances. Il connait bien les comportements requis de la part des participants par les règles de vie du wiki, ainsi que les démarches à appliquer en cas de conflit. Il a des capacités d’investigation pour comprendre les tenants et aboutissants d’un désaccord, ce qui peut impliquer des recherches. Il connait bien les participants et est capable d’identifier les racines sous jacentes des désaccords. Il est capable d’engager des conversations privées avec les participants si nécessaire et adopte un comportement discret.

L’agent d’accueil est un participant qui accueille et aide les nouveaux venus.
Il participe généralement peu à la création de contenu. Patient, amical, généreux, il aime former les nouveaux arrivants et les marrainer jusqu’à ce qu’ils soient à l’aise avec l’outil et les règles de la communauté. Il travaillera souvent à la rédaction de guide à l’usage des participants, à la création de vidéos de découverte, aux Foires aux Questions. L’agent d’accueil est tout autant nécessaire pour les wikis publics que pour les wikis privés.

Le journaliste est un participant dont l’activité consiste à documenter et reporter l’activité des participants sur le site et l’évolution du site en terme de contenu.
Il intervient peu sur les contenus proprement dits. En revanche, il est typiquement la personne qui recherche de l’information puis analyse et enfin écrit sur l’évolution du site et de l’activité des participants. Les documents produits par le journaliste peuvent être utile à la fois au sein de la communauté pour créer un esprit de corps, ou en externe pour assurer la promotion du wiki

Quelles recommandations en tirer ?

Noter avant toute chose que ces différents rôles, au delà des compétences métiers, font appel à des compétences humaines, à des savoirs-être différents. Et pas toujours compatibles. Un bidouilleur technique présente un profil social généralement très différent d'un médiateur ou d'un journaliste. Faut-il espérer que l'animateur-jardinier présente tous les profils ? Sans doute pas.

Il semble donc plus intéressant de solliciter tous les contributeurs (ceux habituellement considérés comme "experts") pour remplir ces différents rôles. Un nouveau venu dans le monde des wikis ne réalise pas d'emblée le champ des possibles. Il n'est souvent pas conscient d'être "autorisé" à faire quelque chose hors de l'ajout de contenu expert, encore moins d'être le bienvenu. Il faut donc commencer par leur parler de ces différents rôles, sans leur imposer, mais plutôt pour les aider à prendre conscience de ce qui est nécessaire pour qu'un wiki "marche".

Il faut aussi que l'animateur-jardinier soit conscient que son travail n'est pas tant de "tenir tous ces rôles" mais plutôt de "trouver les compétences adhoc pour que ces rôles soient assurés".

Enfin, il faut mesurer le succès du wiki non pas uniquement sur le nombre d'articles produits mais aussi sur l'activité des participants. Si vous mesurez actuellement l'implication de vos contributeurs par une variable du type "nombre de contributions par semaine" ou "nombre de fiches rédigées", reconsidérez.

Graphique d'évaluation des rôles sur un wikiPourquoi ne pas plutôt mettre en place un système d'auto-évaluation personnelle ? Chaque contributeur pourrait se voir donner une fiche type étoile dans laquelle il reporterait "sa" perception de ces contributions dans ses différents rôles sur une échelle de 0 à 5. On peut imaginer qu'un nouveau contributeur commencerait avec un 3/5 comme rédacteur expert et 0/5 dans les autres rôles pour progressivement évoluer vers des rôles de curation (affineur, contrôleur-valideur, archiviste) ou vers des rôles de support (accueil, bidouilleur) etc. L'avantage de cette méthode est la prise de conscience personnelle de sa propre implication.

Autre option, l'évaluation pourrait se faire en mode 360. Par exemple, chaque contributeur pourrait se voir demander d'évaluer les degrés de contributions dans ces 10 rôles de 10 participants. L'avantage de cette méthode est de pousser les participants à véritablement regarder le mode de fonctionnement d'autres contributeurs.

Ou chaque contributeur pourrait se voir demander d'identifier les 10 meilleurs contributeurs du mois dans chacun de ses 10 rôles. La compétition peut parfois être bénéfique et l'avantage de ce système est qu'elle pousse chacun à "lever les yeux du guidon" pour avoir une vue d'ensemble du wiki. Cette solution est fort probablement plutôt à choisir au sein d'une communauté mature, sollicite d'avantage l'attention des collaborateurs et peut être génante dans certains cas.

Les options sont multiples et variables: un peu de compétition ou pas. Evaluation anonyme ou pas. Auto-évaluation ou évaluation par les pairs.

Aider ses collaborateurs à s'investir dans le wiki au delà du rôle d'expert n'est pas toujours facile. Autant leur baliser le chemin au maximum.
Coté négatif: suscite parfois des réticences et requiert du temps que les participants n'ont pas toujours.
Côté positif: pousse au décloisonnement en facilitant les rencontres improbables entre "experts", souvent coincés dans leur bulle d'expertise

Et vous qui participez à un wiki, quels rôles avez vous le plus souvent tenus ?


Ajout d'un lien post publication vers un billet écrit il y a plusieurs années sur le thème du wikijardinier et de la motivation.

mardi, décembre 13 2011

Agence de Relations Publiques Bell Pottinger: tel est pris qui croyait prendre

Bell Pottinger sur BBC Bell Pottinger, la plus importante (en terme de chiffre d’affaire) agence de relations publiques et de marketing britannique vient de se faire prendre le doigt dans la confiture. L’agence éditait les articles Wikipedia de ses clients.

En soit, l’acte n’est bien sûr pas répréhensible. Et ce n’est pas la première fois qu’une société ayant des activités de SEO (Search Engine Optimizer) est active sur Wikipedia. Il n’est pas rare de lire des articles dans la presse à ce sujet ou des blogs de “conseil” à destination des professionnels du référencement. Et toute personne un minimum attentive est capable de repérer leur activité sur Wikipedia (laquelle peut être globalement appropriée).

Les errances de Bell Pottinger sur Wikipedia

Ce qui pose problème dans le cas présent est la façon dont la démarche était appliquée. La société Bell Pottinger a suivi des pratiques non compatibles avec les règles éditoriales et sociales de la communauté wikipédienne, pratiques qui soulèvent de nombreuses questions quant au positionnement éthique de l’agence.

Bell Pottinger sur WikipediaPremier problème: la société Bell Pottinger pratiquait une activité éditoriale non respectueuse des règles de la communauté. La société Bell Pottinger a modifié ou créé des centaines d’articles, de façon biaisée, en supprimant des contenus corrects mais embarassants pour ses clients, en ajoutant du contenu incorrect ou excessivement laudateur, en ajoutant du contenu protégé par des droits d’auteurs, ou en créant des articles sur des sociétés dont la notoriété n’est pas suffisante pour qu’elles soient admissibles sur Wikipedia. Parmi les modifications apportées, plusieurs concernent “Chime Communications », la société mère de Bell Pottinger, et Naked Eye Research, dont Bell Pottinger possède 55%.

De nombreuses modifications ont été révertées assez rapidemment, mais certaines sont effectivement passées à travers les mailles du filet. La communauté a ouvert une page afin de lister toutes les modifications faites par Bell Pottinger, les annuler si nécessaire et tirer les leçons de cette affaire.

Deuxième problème: non contente de manipuler le contenu de la page du groupe Bell Pottinger, la société s’est même payé le luxe de proposer la semi-protection de l’article du groupe pour s’assurer de la préservation des modifications qu’elle avait apportées

Indefinite semi-protection:' Numerous biased changes and general vandalism caused by IP's. There are business and political reasons behind a number of edits made by IP's, particularly regarding mentions of the company's founder [Ivor Ichikowitz].[User:Biggleswiki] ([User talk:Biggleswiki]) 13:49, 22 November 2011 (UTC)

Troisième problème: la société Pottinger s’était cachée pour modifier les articles derrière plusieurs pseudonymes. 11 d’entre eux ont pour l’instant pu être identifiés. Cette pratique, appelée “sock pupetting” en anglais et usage de “faux nez” en français est interdite sur Wikipedia (une tolérance est admise tant que les comptes n’ont aucune interaction entre eux, sur des articles, dans des pages de discussion ou de vote).

Enfin, quatrième problème: la société Bell Pottinger avançait de façon cachée, sans avoir signalé la possibilité d’existence d’un conflit d’intérêt dans sa participation. Bien que ceci ne soit pas formellement obligatoire (et que malheureusement ceci ne soit que rarement fait), signaler l’existence de conflit d’intérêt potentiel est une pratique appréciée par la communauté. Dans le cas présent, non seulement les COI n’étaient pas déclarés, mais en prime, les “puppets” s’étaient inventés une personnalité fantaisiste.

Ainsi, comme le souligne un article de presse, un des comptes, ‘Biggleswiki’, indiquait-il une série de détails personnels sur sa page utilisateur. Son nom (David Biggles), ses dates et lieu de naissance, son statut professionnel actuel, des préférences en terme de voyages et son goût pour l’art, la photographie etc. Aucun Biggles n’a pu être identifié par les informations fournies. Un autre compte, ‘Diginerd84’ affirmait avoir 50 ans, être retraité, avoir 2 enfants, être fan de voitures anciennes et actuellement propriétaire d’une Rolls-Royce Phantom II de 1929.... Ces affirmations amèneront Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia à déclarer à la BBC:

I will personally buy a full tank of petrol for Mr Draper’s 1929 Rolls-Royce Phantom II if he exists at all.

Quelques pratiques à garder à l'esprit quand on est une entreprise

Il se trouve que depuis maintenant 4 ans, je propose des sessions de formation au sein d’entreprises ou autres organisations professionnelles pour les aider à comprendre comment fonctionne Wikipedia et leur éviter d’adopter de mauvaises pratiques, souvent sans même s’en rendre compte. Depuis peu, j’accompagne même une grande entreprise (la société Danone) à modifier un certain nombre d’articles les concernant.

Les règles de base que je leur prodigue sont:

  1. un compte = une personne
  2. une personne = un compte
  3. transparence totale (affichage de l’appartenance à l’organisation ou mention des conflits d’intérêts quand ils existent)
  4. lecture et respect des règles éditoriales et sociales
  5. humilité et écoute des conseils des membres de la communauté

Bref. Bell Pottinger : tout faux.

Bell Pottinger : un ensemble de pratiques qui ont abouti à un GROS scandale.

En interne, rien de vraiment nouveau. Ce n’est ni la première fois, ni la dernière, que nous sommes confrontés à une situation de ce genre. Les pratiques de manipulation légères et discrètes existent et sont malheureusement plus difficiles à repérer.
Dans le cas présent, certaines modifications étant extrêmement grossières, une investigation a été lancée en interne pour tenter de recouper les informations à notre disposition. L’investigation a été assez rapide, Bell Pottinger n’ayant pas tenté d’anonymiser son adresse IP (une technique que beaucoup de sociétés de marketing, y compris en France, utilisent en ne faisant les modifications pour leurs clients que depuis des lieux publics, comme parcs, musées, stations services etc.).
Finalement, le pot au rose a été mis en évidence par un wikipédien Tim Ireland. Tim a alors écrit à la société Bell Pottinger et a publié ses découvertes sur son blog le 07 décembre.
Les premières demandes d’interview par la presse sont arrivées le 08 décembre et ont été prises en charge par nos correspondants habituels en Grande Bretagne. Au cours des jours qui ont suivi, les articles à ce sujet ont explosés, donnant une visibilité à la société Bell Pottinger tout à fait imprévue. Bell Pottinger a admis être l’auteur de ses modifications mais considère qu’aucune d'entre elles n’étaient illégales. A l’exception des articles créés à partir de contenus protégés par les droits d’auteur, Bell Pottinger a effectivement raison. Les modifications apportées n’étaient à priori pas illégales. Elles n’étaient que honteuses.

En revanche, elles soulignent la fragilité de Wikipedia face à de telles pratiques. Fragilité heureusement compensée par la bonne volonté, la réactivité et la capacité à se remettre en cause de la communauté.

Un autre point mentionné par exemple dans cet article de la BBC souligne les dérives des SEO. Leur rôle était auparavant de s’assurer qu’une marque était visible dans les moteurs de recherche. Des pratiques plus douteuses se mettent en place, comme l’astroturfing, qui consiste à « faire apparaitre des histoires positives » et des commentaires favorables sur un client ou un produit, en donnant l’impression que cela vient de clients ou d’individus alors que tout est en fait le résultat d’une campagne soigneusement et entièrement orchestrée par une boite de com’.

Sans compter que les clients en question ne sont pas forcément contents de faire l'honneur de la presse non plus....

Bell Pottinger sur The Independant

Au final, un bon gros buzz négatif pour la Bell Pottinger, qui a cependant la satisfaction de voir sa visibilité boostée dans les moteurs de recherche.

Google Trends sur Bell PottingerBell-Pottinger.jpg

mardi, octobre 4 2011

Speakers: être un "bon client"

Une fois n'est pas coutume, je me suis retrouvée du côté des organisateurs plutôt que des conférenciers lors de l'Open World Forum, qui se tenait du 22 au 24 septembre à Paris. J'ai été sollicité par l'organisation pour être track leader des sessions knowledge commons. Forum créée en 2008, j'avais été invitée comme speaker en 2009 et étais venu comme simple participante en 2010. Autrement dit, je connaissais déjà un peu la maison :)

Au niveau programme, j'ai pu faire venir deux keynotes, Ting Chen (Chair of the Wikimedia Foundation) et Mike Linksvayer (VP Creative Commons). Lors du panel de l'après-midi, j'avais invité Renata Avila (Creative Commons Guatemala), Dominique Cardon (Orange Labs) et Simon Sarrazin (Imagination for People).

Les choses se sont bien passées et mes speakers ont bien rempli leur rôle :) Ceci étant, avec à l'esprit toutes ces années à donner des confs à droite et à gauche ou à participer à des panels (et à bien sûr faire des boulettes, passées et à venir) et avec cette petite expérience d'organisatrice de programme, j'ai eu envie de lister quelques uns des points qui font qu'un speaker est considéré comme un "bon client" ou un "mauvais client".

Ca veut dire quoi déjà "bon client" ou "mauvais client" ?

En fait, ça vient d'une expérience télévisuelle. En décembre 2010, j'ai eu l'honneur de participer à "Vivement Dimanche" l'émission de Michel Drücker, invitée par Mr Bayrou. A l'issue de l'enregistrement, je discute avec le responsable qui me dit "vous voyez, tout s'est bien passé ! il n'y avait de raison d'être inquiète ! Et l'équipe a dit que vous étiez une bonne cliente". Ckoissa ? Une bonne cliente, c'est celle qui fait ce qu'elle doit faire, sans faire de vagues: sans heurter une caméra ou déraper dans la filasse; sans faire une crise dans la loge parce qu'elle est allergique à ce produit coiffant; ou qui fait un malaise à cause du stress; ou qui tourne toujours la tête du mauvais côté par rapport à la caméra. En bref, c'est la personne qui donne du travail à l'équipe au delà de ce qu'elle pourrait espérer :)

Evidemment, le degré de tolérance varie grandement en fonction de la célébrité du speaker. Le big shot, qui déplace les foules, électrise la presse et fait bicher les sponsors, se voit beaucoup pardonner. C'est lui qui peut se permettre de gonfler tout le monde et de créer beaucoup de stress. De toutes façons, on lui passera tout.

Moi je parle plutôt du speaker lambda, ou lambda+. Celui qui est remplaçable.

Top 10 des situations qui font qu'un speaker n'est pas un "bon client"

1. Le speaker sollicité met plusieurs jours à répondre à chaque email

Il peut se passer des semaines avant qu'il donne une réponse définitive, positive ou négative d'ailleurs. Pendant ce temps là, l'organisateur panique, ses spots ne sont toujours pas complétés. Il hésite à solliciter d'autres speakers, et lorsqu'il le fait finit par se retrouver avec trop d'intervenants. Et doit réduire les temps d'intervention initialement proposés. Ou bien il attend le dernier moment et sollicite quelqu'un qui comprend très bien qu'il est là pour boucher les trous. En prime, l'organisateur se fait tanner par le responsable éditorial du site, qui veut saisir les bios des speakers et finaliser le programme. Grave dilemne.

2. Le speaker met deux semaines pour envoyer sa mini biographie

Ce qu'il ne sait pas est que la mini biographie doit être ajouté au programme papier, qui est envoyé à l'impression plusieurs semaines avant la conférence. L'organisateur se ronge les sangs à attendre quelque chose qui devrait être très simple de fournir. Un conférencier devrait toujours avoir un dossier tout prêt avec sa bio en français, sa bio en anglais (voire plusieurs versions) et une photo correcte.

3. Le speaker envoie, pour illustrer sa biographie, une photo de ses dernières vacances

L'organisateur pondère longuement. Ok ? pas Ok ? Finit par redemander une nouvelle photo, uniquement pour en récupérer une autre de qualité très médiocre. Excuses du speaker: "je n'ai vraiment aucune photo de qualité de moi". Est-ce crédible ? Une ptite troisième ? Pas de réponse.... Allez, va pour la photo devant la planche à voile, ça fera style.

4. Le speaker ne renvoit pas le document autorisant à filmer son intervention

Il y a un dilemne à ce niveau. L'organisateur veut s'assurer d'être bien couvert avant la conférence en ayant tous les documents bien signés pour la diffusion de l'intervention.... dans tous les pays du monde, sur tous les supports et pour les 250 000 ans à venir. Le speaker, lui, hésite à signer par avance un document, sur lequel il n'a pas le choix de revenir, alors qu'il va peut-être complètement se planter lors de son intervention. Le dilemne créé pas mal de tensions. On voit souvent des organisateurs décider de diffuser l'enregistrement sans l'accord du conférencier ou le coincer à l'entrée de l'auditorium, lui fourrer un stylo dans les mains pour le forcer à signer, signer, signer.
Une solution intermédiaire consisterait à pondre un document permettant une rétractation ultérieure dans un délai de xx jours (en respectant ce droit de rétractation bien sûr)

5. Le speaker envoit son powerpoint à l'avance... sous forme d'un document de 25 megas !

Evidemment la boite explose car le speaker n'a pas pensé passer par un ftp. Une autre solution serait de faire un pdf et de l'alléger. Malheureusement, le speaker se contente généralement d'envoyer son powerpoint brut de fonderie. A l'organisateur de se débrouiller pour recevoir des powerpoints de 25 mb. Et encore, il ne faudrait pas qu'il se plaigne... beaucoup de speakers n'envoient tout simplement jamais leurs présentations. Sans compter sur ceux qui l'envoient dans des formats ... novateurs !

6. Le jour j, le speaker n'avertit pas qu'il est bien arrivé sur le lieu de la conférence

Et pourtant, l'organisateur a bien pris soin de lui demander ses coordonnées de téléphone portable. Avec plus ou moins de bonheur. Impossible de joindre le speaker. Les minutes passent et l'heure de l'intervention arrive. Personne dans le couloir. Personne dans le coin café. Personne aux toilettes. L'organisateur sue à grosses gouttes. Il est déjà en train de réfléchir pour réorganiser tout le panel pour accomoder l'absence d'un des intervenants... et là, ô miracle, 5 mn avant l'intervention, le speaker apparait. Il papotait avec une relation. Il ne fait pas bon être cardiaque.

7. Le speaker est végétalien tendance dure

Et a oublié de le signaler auparavant ! Il est 11h30. Le déjeuner prévu est à base de spécialités bourguignonnes. Il reste 30 mn pour trouver de quoi nourrir le speaker et éviter qu'il ne tombe d'inanition l'après-midi. Il ne faudrait tout de même pas qu'il se vexe. L'organisateur reste serein en apparence, mais à l'intérieur de lui, le sucre est consommé à grande vitesse. Vite, trouver une solution.

8. Le speaker est une femme. Elle porte une longue robe échancrée

L'organisateur est atterré. Le micro prévu est un micro cravate. Normalement, il se fixe au col de la chemise .... le fixer à l'échancrure... impossible, vraiment impossible; Pas sous l'oeil des caméras. Quand au système opérationnel, le petit boitier avec pince, il se fixe habituellement au pantalon, à l'arrière et s'installe en soulevant légèrement la chemise. Et là, on l'attache à quoi ? A la culotte ? Et le fil, on le passe où. Dessus, c'est moche et on risque de se prendre les mains dedans en parlant. Dessous ? Le technicien cherche une solution pratique sous l'oeil gogenard des premiers arrivés installés aux rangs du devant. L'organisateur voit le compteur de temps qui tourne....

9. Le speaker ne s'arrête plus de parler

L'audience soufre. Le speaker suivant est en train d'envisager une attaque terroriste. L'heure du panel suivant approche. Mais les petits signes ne sont d'aucun effet. Le tableau brandit "5 mn au delà du temps" n'est d'aucun effet. L'organisateur se lève et se met à côté du speaker en espérant qu'il s'arrêtera. Peine perdue, il continue. Terrible. Curieusement, beaucoup de modérateurs n'osent pas modérer.

10. Le speaker arrive en courant pour son intervention et repart en courant sitôt l'intervention finie

Pas de chances pour l'organisateur qui avait "vendu" une interview à la presse et qui espérait que le speaker resterait quelques heures pour "se montrer" et ainsi faire plaisir aux participants. Pire, l'organisateur avait prévu un diner VIP avec les sponsors. Ceux-ci espéraient bien en avoir pour leur argent et voir leur idôle. Pas de chance, l'idôle est déjà reparti. #fail

Voilà qui conclut mon top 10. Je me suis moi-même plus d'une fois rendue coupable de certains de ses travers. Honte. C'est promis, je ferais des efforts pour m'améliorer. En revanche, la robe trop échancrée, je n'ai jamais fait :)

vendredi, juillet 29 2011

Wikimedia Foundation, Wikimedia Chapters, Fundraising ... giving less to get more

In a blog post entitled Fundraising, chapters, and movement priorities, Stu West, Vice Chair and Treasurer of the Wikimedia Foundation, raised a number of interesting questions yesterday regarding the fundraising model currently followed by the Wikimedia organizations and its future in terms of effectiveness, accountability and funds sharing. His main questions are:

* Is it right that 50% of rich country donations stay in those rich countries?

* How do we establish solid movement-wide financial controls to protect donor funds? How do we ensure transparency of the use of those funds?

* Who is ultimately responsible for stewarding donors’ contributions?

* How do we address the above questions while maintaining the decentralization that has made our movement so great?

Thank you Stu for asking these tough questions.

Until now, the post has collected 3 responses. One answer is made in an excellent blog post entitled Subsidiarity as a fundamental principle by Sebastien Moleski, Chair of Wikimedia Deutschland. Another answer, Chapters, fundraising, and “the movement”, is made by Phoebe Ayer, board member of Wikimedia foundation (upon the suggestions of the Wikimedia chapters). And the last comment is from Brad Patrick, former CEO and legal advisor of Wikimedia Foundation.

Stu: Is it right that 50% of rich country donations stay in those rich countries?

As both Phoebe and Seb pointed out, this question is unfortunately misleading. These 50% come totally out the blue and there is currently no way to "guess" which percentage of the money collected in rich-countries is actually spent in rich-countries.

The known figures are :

1) total money collected by Wikimedia Foundation AND the countries this money come from. For the sake on comparison, from November 2010 to January 2011 included, WMF collected 67% from US citizens, 6% from Canada, 3% from Japan, 2% from Spain and 1% from India (other countries made less). The amount collected in the USA in those three months was over $10 millions for a total countrywide of $14.8 millions.

2) the money collected by chapters in their own countries; During the last fundraiser, this amount was 15% ($4.3 millions) of the grand total of "Wikimedia Foundation + Wikimedia Chapters participating to the fundraiser"

3) 50% of the money collected during the last fundraiser by the chapters are (or should be) transferred to the Wikimedia Foundation

The unknow or poorly estimated figures are :

1) an estimate of which chapters can be considered from rich-countries and which can be considered from non-rich countries. I will let you work on this one, there already was a long troll on internal lists over whether a nation was rich or non-rich and as to how it should then be called. Let's agree nevertheless than the highest majority of chapters participating in the last fundraising drive can probably be considered located in "rich-countries": Australia, Austria, France, Hungary, Germany, Israel, Italy, Netherlands, Russia, Sweden, Switzerland, UK.

2) the percentage of money collected in all these organizations and currently staying (being spent) in the country. Even though some chapters fund other "non-rich" chapters, even though the WMF is starting efforts in India, likelihood that money is deliberately spent in "less-rich" countries is very low. As Seb pointed out, WMF annual plan clearly shows that most of WMF expenses are actually made in the USA (technical hosting facilities, salaries, rent etc.). Actually, WMF requests from most new non-US staff to quit their country and move to the USA, which is understandable from a management perspective, but does not participate in the wealth of the countries drained from their valuable human ressources.

3) There is no evidence that transferring the money collected by chapters to Wikimedia Foundation will lead to it being spent in "poor countries" rather than "rich countries". It may or it may not.

No current plan, whether WMF or chapter currently outlines a programme where less than 50% of the budget ought to be spent in rich-countries. I certainly have no opposition for programs to be developed in the Global South and I certainly hope that Wikimedia France will support activities and new born chapters in French-speaking Africa in the near future.

Besides, most of the money currently collected is spent, not to benefit the local population but a project which is by essence worldwide. For example, when Wikimedia France makes a partnership with the Chateau de Versailles, some money is spent on the way on the french territory, but it certainly does not only benefit French citizens, but all those being able to access the wonderful content produced.

Most of the really big and useful projects are driven by the community of volunteers, with appreciated support from staff. But requiring that money be spent in places where there is little community will mean more need to involve staff, more money spent, and more controls to set up.

In short, I read behind this question some of this frequently observed american righteousness which would call for an equality on the paper even though it is not practical. It is interesting to read in both Stu and Seb posts the alternative about how to spend the donors money : should be done primarily according to efficiency and cold logic, or should it massively take into account PR and feelings of what is "right" or "wrong".

My own question would rather be.... to which point Wikimedia organizations should be proactive in making things happen ? Should/could they be leading forces in organizing events, setting up partnerships, seeding communities in the Global South, promoting the benefits of women participation, lobbying governements etc. Or should/could they just be supporting ressources for the community of volunteers ?

Stu: How do we establish solid movement-wide financial controls to protect donor funds? There are real risks of something bad happening (most likely inadvertent) with so much money flowing around orgs that don’t have good uses established for their funds.

I totally share Stu position on this matter and feel equally concerned by this topic. And completely agree with Seb that the responsibility rest in all of us whilst the Wikimedia Foundation has been the only one forcing chapters to follow stricter requirements thanks to the fundraising agreements. His position requiring that we "set of global minimum standards and a solid and independent reporting/enforcement structure" is completely along the line of what Thierry Coudray (Wikimedia France Treasurer) and I proposed during the last Wikimedia chapter meeting.

Stu: Who is ultimately responsible for stewarding donors’ contributions?

It is a multiple level responsibility. Each chapter holds a good part of the responsibility. And Wikimedia Foundation another part. Note that whilst WMF feels partly helpless and worried by its poor ability to control financial and reputation risks, Chapters feel equally helpless and worried by their poor ability to control the activity of WMF. The Audit Committee being a Wikimedia Foundation legal structure and chapters being independant legal entities, the Audit Committee should have no oversight authority over the chapters. Once again, what is needed is an independant auditing structure.

Brad: I am representative of the view (perhaps the most demanding view) of the chapters “earning” their way forward.

Totally agree with you that the chapters should be earning their way forward. You and I travelled on this way a few years back when respectively staff and board member of WMF, and God knows it has been a hard way ! Wikimedia Foundation is sometimes a little too tough with chapters which are not moving forward fast enough and professionally enough to their taste and I sometimes feel it is forgetting the past a little bit too quickly (WMF went through rough roads as well), but this is required. I would only hope that WMF would remember that money is required to grow up, good staff is needed to set up all those (quite boring) financial, accounting, legal procedures and controls. And with limited money, a chapter can not hire good staff. The new fundraising agreement can end up in the WMF controlling the speed of growth of chapters through the limitation of their fundraising ability. I hope WMF will not abuse this feature and limit maturing whilst at the same time requesting it. There is a fine balance here.

Brad:You can’t just hand over the money and wish the chapters good luck. And you can’t rule the world from San Francisco, either. I strongly recommend sticking to first principles, doing things openly, transparently, and with community input, and keeping ultimate responsibility (as it must be) with the Board.

WMF does not *hand over* the money to Chapters. They must sweat to earn that money. They must set up collecting websites, sound banking systems, accounting procedures, private donors data management, provide fiscal receipts, translate WMF messages, craft PR content, get independantly audited, transfer money internationally and so on. It is not just HANDING OVER money. Actually, with less means, most chapters do more than WMF when it was at the same stage of development. For equivalent collected money, most chapters do that with volunteers when WMF already had staff to help. The difference is that WMF kept all the money collected whilst chapters have to hand over 50% of it to WMF. I recognize the efforts of all, but please give credit when credit is due.

My point is not irrelevant. One path the Wikimedia mouvement could travel on would be to let Wikimedia Foundation do all the collecting work. There would be disadvantages in this that WMF would not be able to provide fiscal receipts in most countries and would not be able to cultivate donors in all countries as Chapters can do. It will also have to deal with international communication all by itself. Chance is that far less money would be collected reference needed. However, Wikimedia Foundation would get rid of all these painful points related to transparency, accountability, control, or money share. Stu's post would be largely moot. In this case, the solution would be that Chapters would annually apply to a grant to Wikimedia Foundation and would in effect be *handed out* their annual revenue by the Wikimedia Foundation with limited work to provide except good grand requests and reports.

Until now, this is actually how "non-rich" chapters survive.

Thank you Stu for raising these very difficult questions. I do not expect the situation will be fixed anytime soon, but we could already work on shared procedures and controls as well as on an independant auditing organization.

samedi, juin 4 2011

Wikitour en Romandie

Flyer pour le wikitour en Romandie en 2011Il y a 15 jours, je suis revenue d'un wikitour en Romandie (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est en Suisse...).

Le "wikitour" consistait en une série de conférences sur Wikipedia et/ou les Wikis: 7 interventions en 5 jours (dont 5 publiques et 2 privées), à Genève, Lausanne, Fribourg et Yverdon. Certaines des interventions ont fait salle pleine, d'autres ont montré un public plus réduit (apparemment nous étions en période de révision d'examens et une bonne partie de la cible était le monde étudiant). Chaque intervention présentait un petit coin du monde des wikis ou de wikipedia. Par exemple, une intervention était axé sur le modèle économique de Wikipedia. Une autre intervention insistait d'avantage sur les aspects en rapport avec l'identité numérique, une autre encore portait d'avantage sur l'individu consom'acteur. Les audiences étaient aussi assez diverses puisque certaines étaient surtout constituées d'étudiants, d'autres de personnes très impliquées au niveau associatif (Fédération de Consommateurs), ou au niveau politique (Parti Pirate), d'autres encore étaient salariés. Au final, une assez grande diversité au cours de cette semaine complète d'interventions.

Pour moi, ce wikitour présentait deux nouveautés majeures.

La première était son mode d'organisation. Habituellement, je suis directement sollicitée et en contact direct avec le commanditaire. Je répond à la première demande, identifie des besoins lors d'un rendez-vous, fait une proposition d'intervention, organise mon déplacement, donne l'intervention, fait le suivi administratif.

Dans le cas présent, l'initiative revenait à Théo Bondolfi, président de Ynternet.org qui m'a proposé ce wikitour il y a quelques mois lors d'un de mes passages en Suisse. C'est donc Ynternet.org qui a organisé la tournée, à l'aide du flyer, de la mise en place d'une page internet, de la mobilisation de son réseau, en étant en contact direct pour tous les aspects administratifs avec tous les commanditaires nous ayant sollicité pour une intervention et en gérant les demandes de la presse. De mon côté, il m'est resté à ... préparer les interventions, .... aller en Suisse, ... me rendre sur les différents lieux d'interventions accompagné d'un membre d'Ynternet.org et fournir la prestation demandée. Beaucoup d'avantages à cette méthode, laquelle permet de gagner du temps et d'optimiser les compétences et réseaux de chacun des partenaires.

24 heures 17 mai 2011 24 heures 17 mai 2011 Le Matin - 17 mai 2011 La Tribune de Genève 17 mai 2011 Cliquer pour agrandir les images. La presse Suisse est toujours partante pour couvrir de tels évènements; On aimerait voir la même chose en France !

Seul point gris éventuel à retenir pour des interventions futures: en général le passage des informations "métiers" est difficile (les demandes spécifiques des commanditaires concernant le contenu de l'intervention). Une conversation directe entre l'intervenante et le commanditaire permettrait de plus clairement identifier les besoins spécifiques du commanditaire, mais aussi son actualité sur laquelle il peut être intéressant de rebondir en cours d'intervention. D'une façon générale, cela s'est bien passé mais m'a causé un peu de stress et dans un cas sur sept, je ne suis pas certaine d'avoir été bien positionnée par rapport au besoin. C'est probablement le point qu'il faudra retravailler si ce genre de partenariat se représente.

Sinon, il serait sans doute une bonne idée pour moi d'établir en amont une check-list à fournir à l'organisateur en amont (pour moi, ou pour les commanditaires) des points à ne pas oublier, tels que:

  • prévoir une rallonge (ça parait bête.... mais on peut se retrouver dans un coin de la salle uniquement parce que l'ordinateur ne peut pas être déplacé à un endroit convenable)
  • ne pas oublier le remote control (pour moi)
  • demander à ce que soit prévu un micro ! et mieux, un micro sans fil, type cravate
  • si besoin, s'assurer que la connexion internet ne requiert pas de mot de passe ou trouver le mot de passe en avance. Ne pas oublier non plus qu'un macintosh bookair ne fonctionne qu'en mode wifi...
  • s'assurer en amont que le matériel audio-vidéo n'est pas enfermé dans un meuble protecteur fermé à clé... (typique en établissement éducatif)
  • s'assurer que la salle n'est pas prévue 10 fois plus grande que l'audience attendue (il fait froid à 50 dans un amphi prévu pour 300)

Deuxième nouveauté: la densité. 7 interventions en 5 jours... sur un thème commun mais avec un contenu légèrement différent et des publics différents, ce n'est pas de tout repos. D'autant qu'une semaine plus tôt, j'étais aphone suite à un petit souci de santé. Ma voix à peine revenue, pas mal de stress à l'idée d'attraper un nouveau rhume ou tout simplement de trop forcer dans une salle sans microphone en début de semaine et de finir le vendredi inaudible. Mais tout le monde fut véritablement charmant et j'ai été très bien accueillie partout. Au final, j'ai passé une semaine inattendue et très stimulante, même si je suis revenue claquée le vendredi soir à Clermont-Fd.

Quelques liens vers les présentations publiées sur Slideshare

mercredi, février 9 2011

Wikipedia, les femmes et la philosophie du non-agir

J'ai toujours connu Wikipedia avec un déficit de femmes. Et alors ???

Sans qu'il soit nécessaire de s'appuyer sur des études complexes, le faible pourcentage de femmes éditrices du projet Wikipedia est une évidence pour tous les participants. J'ai souvenir d'avoir été la seule femme participante à la version francophone pendant de longs mois en 2002. A l'époque, je me souviens avoir regretté cette situation et avoir tenté de recruter d'avantage de femmes avec les moyens du bord. En l'occurence, en passant par la rédaction d'articles sur des thématiques intéressant souvent les femmes (recettes de cuisine ou articles sur le jardinage en particulier - comme mon stub/bouchon sur l'humus ou celui sur le slow food, lol) puis direction forums spécialisés sur lequel je postais avantageusement des liens menant aux articles en question (forums de jardinage, blogs de cuisine, doctissimo etc.). Je me suis faite bloquer comme spammeuse à plusieurs reprises :)

Wikiwomen by DungodungPlus tard, j'ai continué à évoquer le manque de femmes de ci de là, comme par exemple lors de cette interview par l'ADA (association travaillant à l'époque sur la promotion des métiers de l'informatique auprès des femmes). Je me suis aussi amusée à créer cette page listant les wikiwomen sur meta. Ultérieurement, la liste wikichix a été créée pour évoquer le déficit de femmes au sein des projets Wikimedia et surtout servir d'exécutoire à celles victimes de harcèlement. Cette liste, réservée aux femmes, a soulevé l'ire des participants hommes :) (ahah, discrimination positive :)). Plusieurs années après sa création, l'activité de cette liste demeure très faible, mais chaque année, les femmes participantes à Wikimania se retrouvent pour un déjeuner et une brève discussion "entre nanas" (voir ci contre, le Wikichix meeting at Wikimania, Taïwan en 2007).



L'enquête UNU Merit de 2007-2008

Depuis une quinzaine de jours cependant, la situation des femmes sur Wikipedia est largement mentionné dans la presse.

NetExploratrices 2011 Au départ de cette furie journalistique, un article de Noam Cohen du New York Times. Noam est un "habitué" de Wikipedia, un journaliste qui nous suit depuis des années, qui a pris soin d'interviewer de nombreuses personnes, qui se rend aux conférences Wikimania. Bref, un bon journaliste qui connait bien son métier. Article de bonne qualité, bien fouillé. Je n'ai juste pas très bien compris comment il arrivait à un chiffre de participation des femmes de 13% alors que la principale étude menée (en 2007) sur le sujet reporte un taux de participation des femmes à Wikipedia de 25%. Mais bref, de toutes façons, le chiffre est faible. Depuis, le sujet a été pris et repris sur de nombreux blogs et dans pas mal d'articles de presse. La semaine dernière, j'ai aussi participé à un panel sur le sujet lors de NetExplorateur 2011, sur le thème "Wikipedia 10 ans après : regards de femmes sur cette révolution du savoir" aux côtés d'Isabelle Juppé, de Catherine Morin-Desailly, de Natacha Quester-Séméon et d'Agnès Touraine. (Source de la photo)

J'ai tout de même envie de revenir un peu sur cette fameuse enquête de 2007 et sur ses implications.

Contributors Wikipedia

En 2007-2008, une grosse enquête a été mise en place par l'UNU Merit (elle est à présent accessible sur un site web dédié) pour essayer de mieux connaître les participants à Wikipedia, pour la plupart anonymes. Cette enquête a été largement traduite pour drainer un maximum de participation transculturelle et a réunie plus de 170 000 réponses. Deux biais aux résultats cependant:

  1. la participation est basée sur le volontariat (on peut toujours faire l'hypothèse que certaines classes d'age répondent plus volontier aux enquêtes; on peut aussi faire l'hypothèse que les femmes sont plus timides... ou au contraire plus motivées pour participer à de telles enquêtes).
  2. la participation réunit à la fois des participants, des ex-participants et de purs consommateurs (lecteurs non participants). Certes, certaines analyses font la différence entre les contributeurs et les non contributeurs, mais pas toutes.

Contributors Wikipedia

Assez bizarrement, les documents de résultats ne mentionnent pas la date de l'étude (ce qui est tout de même ennuyeux). Mais de souvenir, l'enquête a été réalisée soit fin 2007 soit début 2008 et des résultats préliminaires ont été présentés à Wikimania à Alexandrie en 2008. Les résultats détaillés ont cependant été finalisés courant 2010.

Une partie des résultats analyse plus précisément les paramètres "age" et "genre" des participants (voir résultats partiels de l'enquête UNU Merit ici).

Les résultats sont particulièrement édifiants.

Première constatation, 75% des participants à Wikipedia ont moins de 30 ans.... il est assez logique de voir que l'adulte vers 30-40 est trop occupé irl par sa vie professionnelle et/ou sa vie familiale pour vraiment pouvoir s'investir dans le projet d'encyclopédie libre. En revanche, on pourrait espérer une plus grande participation de la part des jeunes retraités.



Contributors Wikipedia Contributors Wikipedia


Deuxième constatation, les femmes représentent en moyenne 25% des contributeurs.

Oui, nous voyons fleurir sur Internet une autre valeur, celle de 15%. Le problème est que je n'ai pas pu identifier de source pour ses 15%.


Depuis, de nombreux blogs et articles de presse évoquent la situation.

Voir par exemple:

Et surtout, si vous êtes contributeur, participez à la nouvelle enquête réalisée en France par Marsouin.



















La philosophie du non-agir chez les wikipédiens

En lisant la presse et divers blogs, j'ai été frappée par le nombre de personnes (extérieures à Wikipedia) se demandant si nous allions recruter plus de femmes pour contribuer. Il faut dire, comble de malchance, que Sue Gardner a indiqué que son objectif était d'atteindre 25% de contributions des femmes d'ici quelques années. Je suis ravie de connaître les objectifs de Sue, mais la participation à Wikipedia étant libre et bénévole, la Wikimedia Foundation peut se fixer tous les objectifs qu'elle voudra, elle ne pourra pas faire beaucoup plus que promouvoir les projets auprès de la gent féminine. D'avance, je prévois que l'efficacité des mesures envisagées sera limitée.

Si nous sommes nombreux à espérer de l'efficacité en terme de participation des femmes.... la différence réside cependant dans la voie à emprunter. On a vu fleurir des initiatives imposant des quotas (genre taux de participation dans les conseils d'administration) ou des financements (genre financements de projets de création d'entreprise portés par les femmes). Point de cela sur Wikipedia.

J'ai lu récemment un petit opuscule sur les différences de perception de l'efficacité entre pensée "européenne" et pensée "chinoise".

La pensée dite européenne (inspirée des grecs anciens) a les yeux fixés sur un modèle, l'extériorité idéale à transposer dans la réalité. Par exemple, l'égalité homme-femme établissant comme normalité une participation 50%-50%. Le schéma de pensée raisonne sur trois éléments, le but, l'idéal et la volonté.
L'efficacité est conçue comme la réalisation d'un but, qui est modélisé et vu comme idéal, et que nous pouvons atteindre par la seule force de la volonté. Il n'y a alors que deux attitudes possibles: celle qui consiste à agir et celle dans laquelle le sujet subit. "Agir", c'est le désormais célèbre "yes we can". Pour favoriser l'évolution vers le but, on va utiliser l'occasion. C'est la coïncidence de l'action et du "bon moment".

Par exemple, en surfant sur les résultats de l'étude UNU Merit et sur la presse assez unanime ("il n'y a pas assez de femmes, il faut faire quelque chose !!!!"), l'occasion faisant le larron, la Wikimedia Foundation en profite pour pousser le sujet notre objectif: 25% de participation !. Et d'en profiter pour blogguer sur le sujet et pousser à la création d'une liste de discussion dédiée au sujet, GenderGap et à de pages dédiées au "gendergap" sur meta.

Paradoxalement, ce n'est pas vraiment comme cela que marche Wikipedia.

Nous aurions en fait plus tendance à fonctionner selon un mode de pensée dite chinoise. Le résultat n'est plus l'aboutissement d'actions, mais plutôt l'étape ultime de maturation d'un processus de transformation. On épouse les circonstances plutôt que de les modéliser ou les imposer d'avance. On laisse au temps le soin de faire aboutir la transformation et surtout, on évite d'imposer des actions qui pourraient troubler la cohérence et l'équilibre des choses. En substance: Wikipedia, ça marche comme ça, on ne va surtout prendre le risque de faire mettre en oscillations trop violentes un système qui .... est en équilibre depuis 10 ans, même s'il n'est pas parfait. L'occasion de la transformation n'est plus le résultat d'une action délibérée comme dans le cadre de la pensée "européenne", mais plutôt une attente et une lente maturation de la situation. C'est ainsi que de nombreuses décisions sont prises sur Wikipedia. Il est parfois nécessaire de voir des semaines, voire des années s'écouler avant qu'une décision soit prise, en douceur, lorsqu'enfin tous les les participants (ou presque) ont eu le temps de s'imprégner du problème, de le retourner dans tous les sens, d'envisager toutes les options, de mesurer les conséquences de chacune, d'estimer la difficulté de mise en place et finalement, individuellement et collectivement d'évoluer vers une résolution efficace. Cela parait à nos yeux d'européens totalement cocasse et inefficace. Ne serait-il pas plus simple et plus rapide de nommer un comité qui aurait autorité pour prendre des décisions ? Et bien non. La démarche reposera plutôt sur un dispositif instituant des systèmes de reconnaissance, de récompenses et de punition ainsi que des procédures de responsabilisation collective de façon à laisser les individualités s'épanouir dans un ordre social co-construit.

Un exemple typique est pour moi le changement global de licence du projet, adoptée vers 2008. La communauté wikipédienne a collectivement choisi de changer la licence de publication de son contenu, depuis la licence GFDL jusqu'à la licence CC BY SA. Ce changement de licence aurait pu être imposé par la Wikimedia Foundation, avec une procédure sur quelques semaines, avec sans doutes pour conséquences de nombreux grognements. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se sont passées. Ce n'est qu'après de nombreuses discussions, des propositions, de l'attente, et finalement une sorte de référendum lorsqu'il est apparu que le sujet était mûr, que la décision de passer de la GFDL à la licence CC BY SA a été prise.

En fait, un peu à l'image du taoïsme, les wikipédiens pratiquent largement le "non-agir". Cette pratique du "non-agir" ne veut pas dire "être passif" mais plutôt adopter une attitude de "laisser faire" lorsque les choses sont perçues comme allant généralement dans le bon sens, influencer (ou manipuler) en douceur les choses, concevoir une stratégie permettant de distinguer le facile du difficile et finalement adopter la voie facile au bon moment . On ne raisonne plus en terme d'action, mais en terme de réaction. Le processus aboutit naturellement.

Bref, tout cela pour dire que... plus de femmes sur Wikipedia... serait bien sympathique. En parler... ne peut être que bénéfique. Mais en dépit de tout le buzz autour du sujet, il est surtout urgent de ne rien faire et de laisser voir venir.

jeudi, février 3 2011

Les 10 ans de Wikipedia

WP 10 5Il y a 15 jours, Wikipedia a fêté ses 10 ans.

Cela a bien sûr donné naissance à toute une collection d'articles de presse, très généralement positifs, ainsi qu'à de nombreux évènements à travers le monde. Au niveau de la France, on ne peut pas vraiment dire qu'un évènement particulier ait été organisé, c'est assez dommage. La communauté ne semble pas eu envie de faire quelque chose de vraiment spécifique. L'association est un peu épuisée du colloque GLAM de décembre 2010 donc s'est contentée plus ou moins au dernier moment d'organiser une petite chouille à Toulouse ainsi qu'une interview rigolote des plus anciens participants francophones, les dinosaures (dont je fais partie).

De mon côté, je suis restée chez moi et je me suis contentée de prendre un moment pour repenser aux 9 dernières années (Wikipedia a 10 ans, mais j'y participe justement depuis 9 ans puisque ma première modification doit dater de janvier ou février 2002). Y repenser m'a donné en fait un sacré coup de bourdon.

Ci dessous quelques photos qui m'ont fait plaisir :

Press

Cette photo est apparu dans "Philosophie Magazine n°9" en 2007. Malheureusement, à l'époque, je n'ai pas récupéré le magazine. Il est à l'origine d'une des deux ou trois séances de photos qui m'ont le plus marquée au cours de ses 9 années. Pour le magazine, un photographe avait passé toute l'après-midi avec moi. Pour des raisons assez inexplicables (ah ces artistes), il voulait prendre plusieurs contributeurs avec un globe terrestre et une souris à la main. Avec mise en mouvement. Je me suis retrouvée comme une andouille, en hiver, à sauter sur place dans les endroits les plus improbables, devant des passants morts de rire. Au final, c'est la photo prise au tout début de l'après-midi, devant une des statues du Jardin Lecoq à Clermont-Fd qui a été conservée.

Visiblement, la séance a aussi frappé Jean-Noël Lafargue, qui l'a reprise ce mois-ci dans un article qu'il a consacré aux 10 ans de Wikipedia. Pour mon plus grand amusement et mon plus grand plaisir.

Quelques photos de gateaux d'anniversaire....

WP 10 3
Wikitarta para o evento de Wikipedia 10 anos celebrado en Culleredo o 15-01-2011 by Elisardojm. cc by sa 3.0

WP 10 4
Fotos da Festa de 10 anos da Wikipédia em Lisboa by Nuno Tavares e Susana Morais. cc by sa 3.0

WP 10 1
Wiki-X: 10 years of Wikipedia Birthday Party, Chittagong, Bangladesh. By Banakusum Barua. GFDL

WP 10 2
Wikipedia 10 Celebrations- Kannur- Happy Birthday Wikipedia Cake, by Anoopan. cc by sa 3.0

vendredi, décembre 24 2010

Le brevet de l'ordre national du mérite

P1020181_SS.jpgUne véritable saga s'est terminée après 2 ans, la semaine dernière.

Il y a deux ans et demi, j'avais reçu un coup de téléphone, puis un courrier, m'informant de ma nomination pour l'Ordre National du Mérite. En décembre 2008, Mr Besson, alors Secrétaire d'État chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique, m'a remis la décoration en question.

Seulement voilà, l'administration et moi, cela fait deux et visiblement, j'ai raté un épisode dans les démarches administratives à suivre. A moins que le conseil ait été insuffisant ? Dans tous les cas, il s'en ai suivi moults échanges de courriers entre la chancellerie et moi-même, pour finalement être contactée par l'ONM local début décembre.... lequel m'a annoncé que mon brevet était ENFIN arrivé. Et c'est ainsi que je me suis fait remettre le document officiel dans le joli tube bleu, en compagnie de la promotion 2010 de l'ordre du mérite et de la légion d'honneur, dans les salons de la préfecture de la région Auvergne, deux ans après la remise par Mr Besson, par Mr le préfet de région, Mr Patrick Stefanini et Mr Jean-Philippe Moulin, président de la Section ONM 63.

Histoire de "gommer" ce délai, j'ai remis la même tenue (sauf les chaussures...) et comme ils étaient sur place, j'ai emmené avec moi mon mari et mon fils ainé, lesquels ont pu prendre quelques photos (la luminosité n'était pas DU TOUT favorable malheureusement).

P1020177_SS.jpgP1020180_SS.jpg

P1020172_SS.jpg P1020182_S.jpg

ONM Brevet Florence Devouard

Enfin, la remise du brevet s'accompagne d'un courrier de la Chancellerie, nous invitant à prêter attention à diverses institutions, en particulier les Maisons d'Education de la Légion d'Honneur ainsi que le Musée National de la Légion d'Honneur et des Ordres de Chevalerie, en nous invitant à non seulement le visiter, mais aussi le faire connaître et le faire vivre. Et là... après consultation de l'article assez limité de Wikipedia sur le dit musée, je me dis que j'ai une porte ouverte pour l'améliorer... je vais donc me fixer cet objectif pour l'année à venir - rendre visite au musée, à son conservateur, et voir ce qui pourrait être imaginé en terme de partenariat...

mardi, décembre 14 2010

Digital4Change ou comment changer le monde grâce aux innovations technologiques

digital4Change2S.jpg J'ai eu l'honneur de partager le 09 décembre dernier un panel avec le professeur Muhammad Yunus, (inventeur du microcrédit et fondateur de la Grameen Bank) au cours de la rencontre Digital4Change organisée par Danone Communities à HEC. Quelle fierté et quelle émotion !

Journée assez mouvementée car faisait suite à la Grande-Non-Pagaille (dixit Mr Hortefeux) résultat de la Non-Neige à Paris le 08 décembre. En tous cas, du côté de Jouy-en-Josas, il restait encore beaucoup de neige car 24h après, les rouges étaient toujours parfaitement blanches. Conférence réunissant de très nombreuses personnes à HEC même, elle était également retransmise en live dans 5 ou 6 lieux différents. J'ai beaucoup aimé l'écran géant, diffusant en temps réel la traduction (en français) du discours (en anglais) de tous les intervenants, grâce à l'aide d'un vélotypiste.

Etant présents, le Pr. Muhammad Yunus (prix nobel de la paix 2006), Joe Green (Causes), Mitchell Baker (Mozilla), Martin Hirsch (Ancien président d'Emmaüs France, ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté ...), Matt Flannery (Kiva), Walter de Brower (OLPC) et moi-même... sous la houlette de Tara Hunt (the whoofie factor) … avons débattu du potentiel sociétal du web 2.0 pour lutter contre la pauvreté (dans son sens le plus large).

Panel Digital4Change Dec 2010

Digital 4 Change event at HEC Business School on December 9th, 2010 avec Tara Hunt, Mitchell Baker, Matt Flannery, Martin Hirsch, Cedric Giorgi

Muhammad Yunus et Florence Devouard

Muhammad Yunus et Florence Devouard (Merci à Tristan Nitot pour les photos !)

Prêteuse sur Kiva pratiquement depuis sa création (très très modestement ceci dit), j'ai découvert Babyloan, premier site internet français de micro-crédit solidaire. Ce sera mon geste pour l'année 2011.

Et vous, au moment des fêtes de Noël, à qui faites vous un don ?

Vue sur le Puy de Dome couvert de neige

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Malintrat se réveille



par un petit matin glacé



Le Puy-de-Dome, au loin, étincelle



Au sol, traces de pattes légères et ébouriffées

mercredi, décembre 8 2010

Sur le divan rouge de Mr Drucker, en compagnie de Mr Bayrou

Wikipedia, un projet de société, voire de civilisation !

Dimanche dernier, je suis passée dans "Vivement Dimanche", l'émission animée par Mr Drucker tous les dimanches après-midi (même en cas de match de tennis...). L'invité de cette semaine était Mr Bayrou, lequel a choisi de me faire intervenir en tant qu'invitée pour parler de Wikipedia. Deal !


Vivement Dimanche - Florence Devouard & François Bayrou

Enregistrement un peu épique le mercredi précédent, en raison de fortes chutes de neige et de températures très basses, semant la pagaille dans les aéroports. Alors qu'il était prévu que j'arrive avec plus d'une heure d'avance dans les studios Gabriel... je suis finalement arrivée avec plus d'une heure de retard. Il s'est donc passé exactement 50 mn entre mon arrivée dans les studios et le redémarrage en trombe pour filer à Orly (urgence bien inutile puisque l'avion à Orly .... est parti avec plus de 2h de retard comme celui du matin). Equipe très sympathique donc tout s'est bien passé, même si j'ai bien évidemment amplement stressé.

lundi, novembre 22 2010

Le projet Sankore d'Education Numérique pour tous en Afrique et libération du logiciel UNIBOARD pour tableaux blancs interactifs

Il y a quelques jours, je me suis rendue aux 1ères Rencontres Sankoré du Logiciel Libre Educatif.

Le programme Sankoré d’éducation numérique pour tous en Afrique s’inscrit dans la contribution française au partenariat franco-britannique destiné à atteindre les objectifs du Millenium en matière d’éducation sur le continent africain.

Ensemble nous entendons construire un nouveau partenariat pour scolariser 16 millions d’enfants en Afrique d’ici 2010 et tous les enfants d’ici 2015. Le Royaume-Uni et la France contribueront chacun à la scolarisation de 8 millions d’enfants d’ici 2010. - Nicolas Sarkozy, Gordon Brown ; Déclaration sommet franco-britannique - 27 Mars 2008.

Le président de la République française a confié à Mr Alain Madelin la mise en oeuvre des objectifs de cette déclaration. Pour atteindre les objectifs de cette mission et pour répondre aux défis de l’éducation de masse en Afrique, l’utilisation de moyens modernes de l’éducation numérique est indispensable. A cette fin, la France a créé une Délégation Interministérielle pour l’Education Numérique confiée au Professeur Albert-Claude Benhamou.

Le projet Sankoré veut contribuer au partage des bénéfices de la révolution de l'éducation numérique éducative, en accompagnant le développement de l’éducation numérique dans chacun des pays africains. Ses moyens:

  • un programme de diffusion massive de tableaux blancs interactifs en Afrique (Le kit comprenant un ordinateur pour l'enseignant et un tableau blanc)
  • la mise en place d'un portail de ressources pédagogiques (dont certaines pourraient être sous licence libre)
  • la mise en place de coopératives d'enseignants (au sens large); organisées par thématiques ou par pays. Les coopératives recevront des ressources pour aider à leur développement et fonctionnement
  • une plateforme de co-création de contenu par les enseignants
  • divers modèles de motivation pour les créateurs de contenu (cadeaux, palmes etc.)
  • une enveloppe budgétaire et une certaine liberté pour l'utiliser

Première constatation, visiblement, la France est en retard dans ses promesses. Le projet doit être officiellement lancé le 24 novembre lors du Salon de l'Éducation. Au moment de la réunion, si les idées étaient là, il manquait encore énormément d'étapes à franchir avant d'avoir un projet pleinement opérationnel. La réunion en question aurait du avoir lieu il y a des mois. La technique consistant à faire appel aux organisations du libre pour espérer que le travail soit réalisé sous 15 jours me semble assez peu convaincante...

L'essentiel du projet sera conçu pour fonctionner hors-ligne. Nous leur avons donc suggéré de se mettre en relation avec les distributions offline de Wikipedia afin d'envisager la présence du contenu des projets Wikimedia sur la plateforme de ressources. Un projet allant dans ce sens est le projet MoulinWiki, soutenu par l'association malienne Kunnafoni et l'ONG Internews Europe. MoulinWiki fournit une distribution off-line de Wikipedia dans une dizaine de langues différentes. MoulinWiki travaille en collaboration avec le projet Kiwix, un logiciel libre permettant la visualisation et navigation au sein d'une version offline de wikipedia. J'ignore si cette suggestion aboutira quelque part....

Tableau blanc interactifDu côté des bonnes nouvelles, le projet Sankore aboutira à la libération d'un logiciel de gestion de tableau numérique (Uniboard), qui passera sous LGPL le 24 novembre. Ceci devrait permettre de diminuer les coûts du projet Sankore mais surtout aura un impact pour tous les utilisateurs potentiels de tableaux interactifs, encore trop onéreux pour être largement diffusés. Par ailleurs, le projet Sankore apportera une aide au financement de communautés de développeurs pour la plateforme Uniboard. On peut espérer que la plateforme Uniboard, déjà très appréciée par le corps enseignant, évoluera vers une plateforme encore plus fonctionnelle.

Voici quelques liens supplémentaires au sujet des tableaux blancs interactifs

dimanche, novembre 21 2010

Stress et Dirigeants: un cycle d'intervention destiné aux entrepreneurs auvergnats

Je participe en novembre et décembre à un cycle de 7 interventions, ayant lieu à Clermont Fd, Aurillac, Le Puy en Velay, Vichy, Désertines et Thiers, destinées à un public de dirigeants d'entreprises, et dédiées au thème du stress du dirigeant d'entreprise.

Les objectifs de ce cycle de 7 conférences

  • mieux connaître les processus psychologiques et physiologiques du stress (avec en particulier des interventions par un médecin et une psychologue)
  • disposer d'outils simples et pratiques en termes de gestion du temps, gestion financière, d'organisation... (avec en particulier mon intervention, celle d'un représentant de l'ordre des experts-comptables, d'une coach et d'une intervenante de l'ARACT)
  • identifier des acteurs relais et d'accompagnement pour rompre l'isolement du chef d'entreprise

Les conférences mettront aussi en avant une intervention par Mr Olivier TORRES de l'AMAROK (Observatoire de la santé des dirigeants de PME)*.

On parle souvent du stress des salariés, beaucoup moins du stress des dirigeants, pourtant très réel mais souvent passé sous silence par les dirigeants eux-même. Le dirigeant doit apparaître fort et confiant auprès de ses équipes, de ses partenaires, de ses fournisseurs et de ses clients. Le problème est que le dirigeant est aussi en première ligne par exemple lorsque l'argent se fait rare ou lors d'un conflit majeur avec les équipes. Il est aussi souvent très seul. On parle parfois des 4D: Dépot de bilan, Dépression, Divorce et Décès.

Au cours de ce cycle, chaque intervenant ne disposant que d'un temps très court (10 mn), j'ai choisi d'adopter une démarche extrêmement pragmatique et de parler d'un sujet qui nous concerne tous (ou presque tous), notre boîte email. Au cours de mon intervention, j'évoque des pistes concrètes pour mieux gérer le flux d'information quotidien qui menace de nous engloutir....

Plus d'informations (dates, lieux, programme) sur le site de la CGPME.

La médecine du travail a déterminé de longue date quatre éléments délétères : la surcharge, le stress, l'incertitude et la solitude. Or, les patrons de PME cumulent ces quatre facteurs - Olivier Torres

La caractéristique des PME, c'est une relation directe entre le patron et ses salariés. Dans une compagnie de transport, la plupart du temps, le dirigeant a son permis poids-lourds. Licencier un salarié dans ces conditions, c’est tuer quelqu’un à l’arme blanche. Le patron de PME est seul pour prendre sa décision. La souffrance du licencié a donc son corollaire : la souffrance du licencieur. - Olivier Torres

Je vais peut-être mettre à jour un scandale de santé publique : On compte 2,5 millions d'indépendants en France, comment se fait-il qu'il n'y ait aucun service médical autour de ces gens ? - Olivier Torres

Il y a plus de statistiques sur la santé des baleines bleues que sur celle des entrepreneurs, commerçants et artisans. Et pour cause, ils ne sont pas pris en compte par la médecine du travail.

Un lien : Une souffrance inaudible et inavouable

  • l'observatoire est nommé Amarok du nom d'une légende esquimau sur l'importance de la préservation des ressources qui font vivre la société, ici les PME et leurs patrons.

lundi, octobre 25 2010

Petit retour sur mon premier Web Connect

Deux ans que je prévois d'y aller et que cela se révèle impossible au dernier moment. Cette année, enfin, j'ai pu aller au Web2Connect.

Tout d'abord un remerciement aux organisateurs, JF Ruiz (@jfruiz) et Sebastien Rousset (@sebastienr) pour l'organisation. En presque sans faute.

Bon, pour faire un sans faute, il faut prévoir des tee-shirts plus grands pour les filles. Encore, en plein été, ça passerait peut être mieux, mais fin octobre, il fait froid, on met des vêtements en dessous et pof, brutalement, on se tranforme en bibendum - pour un peu qu'on soit un peu dodue... ça ne passe même plus...

Au niveau des interventions, mes préférences ont été à celles de Sébastien (le « Marketeur français »), celle de Benoît Thieulin (relations sociales assistées par ordinateur), le workshop animé par JFRuiz et Bruno Fridlanski (pragmatique) et l'intervention de Valérie Peugeot (L'avenir du Web).

Celle qui m'a cependant laissé le plus "waou !" fut celle de Nadya Jahan sur le social gaming. Joueuse moi-même (plutôt hard core que casual), j'ai découvert avec une certaine stupéfaction

  • que le marché actuel du jeu vidéo avait dépassé le marché du cinéma (environ 29 milliards de dollars/an)
  • que le casual gamer sur FaceBook (typiquement le joueur de farmville, 80 millions de joueurs tout de même) était 7 fois sur 10 une femme, que le joueur avait une moyenne d'age de 43 ans et que 46% des joueurs avaient plus de 60 ans
  • que 20% des casual gamers avaient déjà dépensé de l'argent pour jouer, pour un montant d'environ 20 dollars par mois (le jeu étant gratuit, la dépense se fait pour acheter uniquement des biens virtuels)
  • et qu'en terme de revenu, le casual game standard récupérait 80% par la vente d'objets ou services virtuels (l'engrais sur FarmVille), 15% via des offres publicitaires (vers d'autres jeux j'imagine) et seulement 5% de la publicité.

J'aimerais bien récupérer les slides de cette intervention. Visiblement, il y a un message à faire passer à tous ceux qui affirment que le web ne fonctionne que grâce à la publicité.

Web Auvergnat Pour le reste, le web2connect est avant tout un moment d'échange.

Pour ma part, ne faisant pas directement partie de ce monde essentiellement composé de start ups et de marketers, je ne connaissais pas grand monde. Mais cela ne m'a pas empêché de faire des connaissances très sympathiques.
De mon passage à Davos il y a quelques années, j'ai retenu une leçon très importante: il faut aller voir les présentations sur des sujets auxquels on ne connait pas grand chose et faire connaissances des gens que l'on ne fréquente habituellement pas. C'est chose faite :)

J'y ai aussi retrouvé quelques membres du web auvergnat ! @Axounet, @Korben, @axelaigret, @ocoste et @BertrandSoulier ! Moment immortalisé sur la photo :)

http://www.flickr.com/photos/55118438@N08/5105349159/in/photostream/

mardi, octobre 19 2010

Web Connect Link Party J-3


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Orange et l'évolution du service clientèle

Une fois n'est pas coutume, il me faut bien souligner l'efficacité, la rapidité et la gentillesse des services Orange / France Telecom.

Il faut dire que comme beaucoup de français, j'ai une longue histoire d'amour avec France Telecom. Histoire un peu cahotique, fidèle, mais parsemée de petites crises de ci et de là.

La pire des crises remonte à 2004. Cette année là, je déménage de Clermont à Malintrat. Pour éviter toute coupure Internet (à l'époque, je suis au conseil d'administration de la Wikimedia Foundation, je ne peux donc pas me permettre de me retrouver sans connexion), je conserve la location de mon appartement un peu au delà de ce qui est nécessaire. Il reste dans l'appartement uniquement un bureau, une chaise et l'ordinateur. Je me rend dans une agence France Telecom et demande le transfert de ma ligne pour une semaine plus tard. Je remplis les documents, avec la date demandée pour le transfert et rentre chez moi. Une heure a passé.... le temps de revenir... la ligne a été coupée....

Stupéfaite, je téléphone (depuis mon portable) à France Telecom. Ah oui, ils ont fait une erreur, ils sont désolés. Bon, je leur demande de restaurer la ligne. Non, impossible, mais ne vous inquiétez pas Madame, demain, votre ligne sera à votre nouveau domicile...

Demain.... se transformera en .... un mois. Un long mois. Pendant ce long mois, j'irais squatter l'ordinateur et la connexion du lieu de travail de mon mari le week-end, chez des amis ou dans des cybercafés en semaine. Et pendant un mois, un long mois, je téléphone tous les jours à Mme France Telecom. Le service clientèle m'indique que la ligne a été confirmé mais que c'est au service technique de faire la bascule. le service technique m'indique que cela devrait marcher (oui, mais non !), puis m'indique qu'il y a une manip technique à faire et qu'il est prévu que le technicien passe pour le faire. Oui, mais quand ? On ne peut pas savoir. Un jour, bientôt....

Un mois, un long mois.... à l'issu duquel je reçois même une facture. Ce jour là, je rappelle les services clientèle et je les menace de venir dans leurs locaux pour faire un laché de veaux diarhéiques (j'ai vu faire cela un jour dans une préfecture et j'en ai gardé un souvenir ému; malheureusement je n'ai pas de veaux sous la main).

Finalement, la ligne est connectée. J'en garde le sentiment d'avoir été traité comme un bout de bidoche. A plusieurs reprises depuis, je suis entrée dans une agence France Telecom alors qu'un client était en train de hurler (littéralement) et l'employé en train d'appeler frénétiquement la sécurité. Je ne juge plus le client, je l'accompagne par la pensée.

Un jour que je renouvellais un contrat téléphone mobile dans une agence, j'ai eu l'occasion de "voir" mon compte client. Je suis taguée "cliente extrèmement pénible: menace de venir endommager les locaux" (ou quelque chose du genre). La conseillère avec qui je discutais a échangé un petit air inquiet avec moi en voyant que je lisais le commentaire. Craignait-elle que je me transforme en furie ? ou craignait-elle que je contacte la CNIL ?

Mais les choses visiblement s'améliorent.

Il y a quelques mois, je découvre que ma ligne téléphonique est en dérangement. Enfin, façon diplomatique de dire que.... ma ligne et mon numéro ont été transféré à mon nouveau voisin.... celui qui vient de faire construire sa maison juste derrière chez moi. Il a demandé la mise en place de sa ligne téléphonique deux jours plus tôt... et reçoit désormais mes coups de fils, il a hérité de ma boite vocale, de mon numéro et de ma maman, très perplexe, qui veut ME parler. Quand à moi, plus de téléphone (mais c'est toujours moi qui paye...).

Renseignements pris.... lorsque ma ligne a été mise en place (après un mois d'attente) en 2004.... le technicien a "oublié" de déclarer la fiche technique de ma ligne au central. Donc, pour le central technique, ma ligne était libre et vient donc d'être attribuée au voisin, tout à officiellement. Peu importe que par ailleurs j'ai un contrat qui me donne ce numéro de téléphone et que je paye, le propriétaire de la ligne est désormais mon voisin.

Un peu stupéfaite, je dis (poliment) au technicien sur le pas de ma porte qu'il n'y a aucun souci, il lui suffit de discrètement "déplugger" la ligne du voisin et de la "replugger" dans mon compte. Et d'attribuer une nouvelle fiche au voisin. Ca a l'air tout simple, non ?

Et le technicien de me répondre qu'il n'est pas autorisé à "déplugger" le voisin, qu'il aimerait bien m'attribuer une nouvelle ligne, mais qu'il ne reste plus aucune fiche de libre dans ma rue.... il va donc falloir attendre qu'une nouvelle boite d'accès soit installée... avec de nouvelles fiches.... ce qui pourrait prendre quelque temps... combien de temps.... on ne sait pas...

La pensée des veaux diarhéiques m'a traversé à nouveau l'esprit.... mais je vois le technicien, un jeune gars avec les yeux presque humides en face de moi, et je reste silencieuse. Après un moment de silence, il me dit qu'il va voir ce qu'il peut faire.

D'après mon nouveau voisin.... on ne peut vraiment pas faire confiance à la compagnie de téléphone. Il m'a raconté qu'on lui avait attribué une ligne abandonnée trop récemment... une femme agée n'arrêtait pas de l'appeler pour avoir sa fille au téléphone et puis au bout de 48h, on lui a coupé la ligne sans explication ! Pffff. Quant à moi, j'ai récupéré la mienne ;)

Et puis finalement hier soir, ma fille, 12 ans, rentre à la maison. Maman, mon téléphone est bloqué. Il est marqué que le code PUK est bloqué et que la carte SIM est bloquée définitivement. Déjà, le frisson me gagne.... il va falloir que j'arrive à trouver un numéro de téléphone (1er challenge) pour joindre un technicien de Orange (2eme challenge) et résoudre le problème (3eme challenge). La peur me saisit.

Je me rend sur le site web d'Orange, pour essayer de trouver le BON numéro de téléphone. Alors que je suis sur une des pages d'aide, une fenêtre de chat s'ouvre toute seule devant mes yeux étonnés. Un message apparait "voulez vous de l'aide ?". Euh.... oui ! je tape donc "bonjour ?".

Et là, oui...20 secondes plus tard, une personne me répond sur le chat. Même pas un bot, une vraie personne ! Un humain. En 20 lignes d'échange, il répond à ma question (un gamin a du essayer au moins 10 fois de saisir le code PUK du téléphone de ma fille. La carte est donc bloquée. Il faut payer 20 euros pour la faire débloquer) et me réoriente vers un autre numéro où quelqu'un pourra me prendre en charge (ce qui sera effectivement fait, en un temps record, avec une technicienne tout à fait charmante qui me renseigne également sur les contrats téléphone et me signale des changements importants dans les services le 21 octobre).

En 2 mn de recherche sur le site, 5 mn de chat et 10 mn de conversation téléphonique, le problème est résolu. Mais ce qui m'a vraiment le plus bluffé, c'est l'aide par le "chat". Là, chapeau !

mardi, septembre 14 2010

Comment faire pour "tester" un logiciel wiki ?

Je donne très régulièrement des conférences au cours desquelles je présente les wikis et un exemple d'application, typiquement Wikipedia.

Une des questions que mes interlocuteurs me posent souvent à la fin des interventions est "serait il possible de tester facilement un logiciel wiki avant de l'acquérir ?" ou "à qui dois-je m'adresser pour avoir à disposition un outil wiki ?"

Plutôt que de répondre à ces questions par email à chaque fois, il me parait plus judicieux de proposer quelques offres ici-même:

Avant toute chose, pour en savoir plus sur le logiciel wiki, je vous propose de lire cet article "qu'est ce qu'un wiki".

Il faut savoir qu'il existe de très nombreux logiciels wiki,

  • certains sont open source (et téléchargeables gratuitement sur Internet), d'autres sont des logiciels propriétaires (et nécessitent d'acheter une licence);
  • certains sont très dépouillés en terme d'interface et de fonctionnalités, d'autres sont au contraire des plateformes complexes et très riches à l'usage;
  • certains sont typiquement destinés à un usage public et ne présentent pas de gestion des accès, d'autres permettent de gérer des droits d'accès extrèmement finement;

et j'en passe. Cela peut devenir extrèmement compliqué.

Si vous êtes assez familier avec les aspects techniques, je vous conseille de vous diriger vers Wikimatrix qui propose un comparatif entre les différentes fonctionnalités des logiciels wikis sur le marché.
Voir par exemple un comparatif entre Confluence, MediaWiki, PBwiki, PhpWiki, SocialText, TWiki et XWiki (je ne vous conseille pas d'installer PhpWiki, c'est plus pour le plaisir de comparer un wiki historique aux logiciels modernes).

L'autre avantage de WikiMatrix est qu'il vous permet d'accéder aux coordonnées de diverses sociétés d'installation, de maintenance et d'hébergement des applications.

Pour les autres: ceci dit, il y a toutes les chances pour que vous ne soyiez pas très à l'aise avec la technique et que le site WikiMatrix vous créé des aigreurs d'estomac. Si c'est le cas, quelques suggestions:

MediaWiki

Vous pouvez bien évidemment regarder dans la direction de mediawiki (le logiciel utilisé par Wikipedia).
Avantages

  • open source (téléchargement gratuit)
  • logiciel évolutif, plutôt prévu pour un usage public, pour un objectif de "gestion de la connaissance" (les wikis d'entreprises proposent d'autres types de fonctionnalités plus orientées "réseautage" ou "bavardage" ou "gestion de projet" ou "gestion des réunions")
  • interface traduite en de très très nombreuses langues

Comme tous les logiciels libres, vous pouvez soit l'installer sur vos serveurs, soit l'installer chez un hébergeur de sites classique. Ou bien contacter une société spécialisée pour vous seconder.

Pour "tester" facilement un wiki dérivé de mediawiki, et regarder ce qui peut être fait avec , je vous conseille de regarder vers la ferme de wiki, Wikia
Avantages:

  • création d'un wiki rapide et facile;
  • c'est gratuit;
  • l'interface est traduite en français;
  • la plateforme tourne sur une version modifié de MediaWiki, le logiciel utilisé par Wikipedia (open source et pas de dépaysement pour ceux qui utilisent déjà Wikipedia);
  • c'est directement hébergé par la société Wikia (donc aucune manipulation technique à assurer de votre côté).

Inconvénients:

  • de la publicité (c'est le modèle économique de Wikia);
  • impossibilité de faire un wiki privé;
  • la totalité du contenu publié doit être sous licence libre (pas forcément compatible avec un usage professionnel).

Pour cette raison, Wikia n'est vraiment utile que pour tester rapidemment le concept... ou pour héberger rapidemment un petit wiki associatif. Vous pouvez aussi vous promener parmi les sites hébergés par Wikia et observer les usages et les comportements.

Une autre solution, plus orientée entreprise, PBworks

Solution précédemment connue sous le nom PBwiki.

Avantages:

  • C'est gratuit pour une version de démarrage, devient payant lorsque vous demandez plus d'espaces, plus de fonctionnalités, plus d'utilisateurs (mode location mensuelle). Le prix est très raisonnable (20 dollars par employé. Les clients et fournisseurs ont un accès gratuit)
  • Tout est hébergé sur le web (et non dans l'entreprise). Ne nécessite donc pas la moindre installation de votre côté.
  • Pas de publicité
  • wiki public ou wiki privé.

Inconvénients:

  • l'interface n'est pas "localisée" (entendre "traduite". Actuellement, l'outil ne propose donc qu'une interface en anglais)

Cette solution est très utilisé par grandes et petites entreprises. C'est la plus simple à mettre en place. Le wiki est extrèmement simple d'usage.

Autre wiki d'entreprises, xwiki

Avantages

  • logiciel open source (pas de frais de licence);
  • logiciel développé par une entreprise française (contact aisé et rapide avec l'équipe de développement, support sympathique, possibilité de faire développer à façon des fonctionnalités supplémentaires);
  • logiciel développé dans une optique "entreprise".

Si vous disposez d'une équipe informatique, un de vos collaborateurs pourra facilement le télécharger et l'installer. Si vous disposez d'un système d'hébergement chez un des prestataires habituels, vous pouvez l'installer vous même (mais ce n'est pas à la portée de tout le monde).
Vous pouvez aussi le faire installer et héberger par l'entreprise xwiki SAS (auquel cas, c'est payant bien sûr):voir ici et .

Enfin, le site d'XWiki propose une solution en ferme (gratuit et site créé en 5 mn comme PBwiki)
Honnêtement, je vous le déconseille, même pour tester. La plateforme d'hébergement est hyper lente au point de générer non seulement de l'agacement mais aussi des erreurs. Testé pour vous !

Le classique des entreprises: Confluence

Avantage

  • il existe une véritable société (australienne) derrière ce wiki (possibilité de développement à façon, support etc.)
  • logiciel développé dans une optique "entreprise"

Inconvénient

  • logiciel propriétaire (donc licence à payer)

L'application peut être installé sur vos serveurs (coût à partir de 10 dollars/mois pour 10 utilisateurs) ou peut être hébergée par Atlassian (à partir de 150 dollars/mois pour 10 utilisateurs)

Bien que Confluence soit probablement le wiki professionnel le plus utilisé par les entreprises (mediawiki est également très utilisé), j'avoue ne pas être très emballée par cette solution souvent considérée comme "geeky" (c'est à dire plutôt développée avec un esprit technophile) ce qui convient à certaines populations (notamment les départements informatiques des sociétés), mais beaucoup moins à d'autres.

Autre option, hyper sociale: socialtext

Ce logiciel est développé par une société californienne, dont le Patron et co-fondateur, Ross Mayfield très sympathique et visionnaire (n'hésitez pas à visiter son blog).
Une approche très sociale contrairement à d'autres logiciels (tel que Confluence). Les tarifs commencent vers les 5000 dollars et il ne semble pas que l'interface soit traduite en français (je peux me tromper). Le logiciel ne se présente pas véritablement comme un wiki, mais plutôt comme une plateforme sociale complète proposant toute une collection d'outils (réseau social, microblogging, blog etc.). Il est possible de tester la plateforme en ligne gratuitement.

Personnellement, j'ai un mediawiki en usage totalement privé chez mon hébergeur, et j'utilise de temps en temps PBwiki.

Finalement...

Le choix final d'une solution doit être réfléchi. En fonction des fonctionnalités souhaitées, des besoins en confidentialité, de la nécessité ou non de gérer de complexes droits d'accès, certains wikis sont plus appropriés que d'autres.

Mais avant d'en venir à tout mettre en place, beaucoup souhaitent simplement "voir comment marche ce truc". Dans cet objectif, mon conseil personnel serait PBworks.

Florence

PS: si vous avez des remarques, des infos à ajouter ou des corrections, n'hésitez pas à me le signaler
RePS: je ne travaille pour aucune de ses sociétés

vendredi, juillet 23 2010

"What Working for Wikipedia Taught Me About Collaboration" de Sandra Ordonnez

Sandy ("wikiblue") était la première "Head of Communication" (salariée) de la Wikimedia Foundation lorsque celle-ci était encore à St Petersburg (Florida), embauchée par son premier directeur, Patrick Bradford. Elle a quitté la Wikimedia Foundation lorsque les locaux de cette dernière ont été déménagé à San Francisco. J'étais présidente de la Wikimedia Foundation à cette époque, et je garde un excellent souvenir de Sandy (avec laquelle je suis toujours en contact épisodique sur le fameux Facebook).

Dans un savoureux article publié sur pbs.org, elle nous relate son expérience en tant qu'employée de la Wikimedia Foundation.

At that time, Wikipedia's internal structure did not match the widespread success and attention it was beginning to enjoy. I found myself working in a thrifty "rent-by-the-month" office building with three other employees: An administrative assistant, a fundraiser/hardcore Wikipedian, and a CFO. I was told that most tasks, including the communication projects, were carried out by a large network of international volunteers.

Elle rappelle avoir commencé à travailler pour l'organisation, dans des locaux assez "cheap". Il s'agissait d'environ 4 à 5 pièces louées dans un de ses batiments réservés à l'hébergement de petites sociétés, typiquement assurances et autres travailleurs indépendants), en compagnie de trois autres employés. Bizarremment, elle a oublié un des salariés également présents dans les locaux de St Petersburg. Le Directeur, Brad Patrick, qui tenait aussi le rôle de Chief Legal Officer. Bon, la mémoire joue toujours des tours... mais il s'agissait tout de même de son "chef"... Ceci est peut être un bon signe de la confusion qui régnait à l'époque :)

I immediately began to review the public relations materials available to me, and almost immediately went into panic mode. There was no polished press kit, press list or, dare I say, communication strategy. In fact, the majority of individuals on the communications committee had little to no public relations training, and were more intellectual and techie than the average PR practitioner at that time.

Tout à fait. Et c'est encore largement le mode de fonctionnement des associations locales Wikimedia... A compter de l'arrivée de Sue Gartner comme nouvelle directrice, il sera souvent fait appel à des intervenants extérieurs pour "entrainer" les salariés et les membres du conseil d'adminstration sur divers points. Je me rappelle un "media training workshop" tenu par Ruth-Ellen Soles (communications consultant et anciennement CBC spokesperson), pour nous former à mieux répondre à la presse. A ce jour cependant, la majorité des bénévoles répondant à la presse demeurent sans aucune formation.

A few weeks into the job, with little training and a very primitive understanding of the wiki ethos, I encountered my first PR crisis. A hardcore and well known Wikipedian, Essjay, had lied to the New Yorker about his credentials. Not surprisingly, the years of crisis communication training I received was useless in the context I found myself in. For a brief moment, I honestly thought that my career as a PR specialist had come to an end. The New Yorker, in my mind, was the bible of the media world; there was no way that our online encyclopedia was going to survive the PR damage.

In the midst of my concerns, I soon became a believer in the power of collaboration. That crisis was the moment when the new media landscape unfolded before my eyes.

The volunteers took charge. They created a Wikipedia entry that documented the event in gruesome detail. It was honest, direct and, amazingly, had no PR spin. In fact, for most Wikipedia members, the biggest concern was that Essjay had used his false credentials in content disputes. It was apparent to me that there was never any malice or hidden agenda. Essjay himself had revealed his real credentials on his user profile when he was hired by Wikia, a company owned by Wikipedia founder, Jimmy Wales. In fact, in the months that followed, I found the community became self-correcting by encouraging the use of real names and identities. It found a way to help prevent this type of issue from happening again.

Quelques semaines après son arrivée à ce poste, Wikipedia a connu un scandale important: un wikipedien de longue souche, étudiant dans la vraie vie, avait prétendu pendant longtemps être un professeur et utilisé cet argument pour avoir plus de poids dans certaines discussions portant sur le contenu dans Wikipedia. Un exemple classique de "Appeal from Authority". Mais il avait fait encore pire... interviewé par le New York Times, il a eu la bétise de se présenter sous la casquette de ce professeur, alors même que devenu salarié de Wikia, il avait révélé sa véritable identité à ses collègues de travail. Le retour de baton ne s'est pas fait attendre et pendant plusieurs jours, le téléphone de la Wikimedia Foundation n'a cessé de sonner. La presse s'est déchainée. J'ai aussi souvenir de longues discussions internes sur la façon dont nous devions réagir. Il n'est pas peu dire que nous étions vraiment non préparées à réagir à un tel scandale et j'imagine sans peine le stress dont Sandy a été victime.

Et puis finalement, ce ne fut pas le seul scandale qu'a vécu Wikipedia. Et aucun n'a vraiment réussi à ralentir sa course. A vrai dire, les scandales ont souvent plutôt comme conséquence l'arrivée de nouveaux participants.

Sandy en a tiré quelques leçons qu'elle partage avec nous, et qui peuvent être étendues à tous les usages de wikis:

Trust the Crowd; Its Smarter than You -- The sooner you trust the group and empower it, the sooner it can produce high quality results. The group can make up for any weaknesses you may have as an individual. The idea is to bring out the strongest skills and downplay the weakest in each person.

Diversity and Creativity Are Intrinsically Connected -- Creative brainstorming is significantly improved by diversity. Individuals not only challenge each others' ideas, but they also inspire each other as well.

Collaboration is Messy -- When Jimmy Wales said "Wikipedia is like a sausage: you might like the taste of it, but you don't necessarily want to see how it's made," he wasn't kidding. Chaos, in many ways, seems to be the spark of great collaborative endeavors.

Be Open to Receiving and Giving Criticism -- When working collaboratively, it is important to let go of your ego. Learn to not take things personally and be honest about what you think without being disrespectful.

Celui qui me semble le plus important a répéter est probablement celui qui souligne que la collaboration n'est pas chose facile et qu'il faut s'attendre à devoir "mouiller le maillot". Bien loin d'être un monde de bisounours, les plateformes wikis sont souvent le théatre de conflits. Le wiki fournissant un environnement transparent, les désaccords deviennent visibles à tous. On est pas d'accord et on se le dit. Le désaccord ne reste pas cantonné à deux personnes, il peut s'étendre, chacun voulant ajouter son grain de sel. Entre ceux qui ajoutent de l'eau au moulin du débat, ceux qui essayent de jouer un rôle de médiateur, et ceux qui se posent en arbitres prêts à prendre la décision à la place des autres, le wiki devient vite un lieu assez chaud, révélateur de tensions non-dites et de conflits larvés. Les conversations se croisent, s'entremèlent, les insultes fusent parfois, de nouveaux groupes d'intérêts se créent, des cabales se rèvent. Mais c'est de cette foultitude de discussions bigarées que peut naître une solution plus innovante que toutes les solutions précédemment imaginées et que des relations plus complices se nouent.

Il faut accepter l'existence des désaccords publics sur un wiki, en essayant de se souvenir que c'est de ce foutoir qu'émerge la créativité et que la seule chose qu'il faille exiger est le respect des personnes impliquées. On peut critiquer l'idée et la position, mais pas s'attaquer à la personne.

Loin de moi l'idée de dire que le conflit n'existe pas dans les entreprises, mais il est souvent plus caché derrière les portes, murmuré et incrusté dans les non-dits. Ce refus d'oser exprimer un désaccord en public est probablement une des raisons principales pour lesquelles les wikis sont difficilement adoptés en entreprise.

L'article de Sandy, salariée, relatant sa découverte d'une communauté wiki.

mercredi, juin 9 2010

Une communauté peut aussi aider à financer le développement de votre entreprise

Toujours dans la lignée comment financer le projet de vos rèves, je suis tombée aujourd'hui sur un livre blanc récapitulant les 5 étapes à respecter pour réussir sa levée de fonds participative.

Proposé par Regioneo (une petite entreprise de la région lyonnaise), qui à travers son site internet Regioneo.com offre l’accès à un annuaire géolocalisé de producteurs et d’artisans du terroir), le livre blanc retrace son expérience d'augmentation de son capital, impliquant à la fois des business-angels et des internautes, invités à devenir actionnaires de la société à partir de 100 euros d'investissement.

MAISCOMMENTCAMARCHE ???

Regioneo souligne qu'il est bien entendu nécessaire de ne pas compter uniquement sur les internautes pour financer un projet mais que ses micro investissements doivent être plutôt vus comme un complément à d'autres sources.

Pour se vendre, il faut proposer un projet excitant, facile à comprendre, porteur d'idées nouvelles et de valeurs positives.

La viralité de l'offre étant un facteur de succès essentiel, il est important de faire connaître le projet d'investissement le plus rapidemment possible grâce à des acteurs influants, typiquement via les réseaux sociaux, les blogs, Twitter etc. Généralement, la presse traditionnelle arrive... trop tard... juste à temps pour raconter l'histoire d'un succès :)

Le succès repose aussi sur la mise à disposition d'une plateforme d'investissement claire et efficace. Enfin, Regioneo souligne l'importance de se faire accompagner juridiquement afin d'éviter les faux pas.

C'est peut être sur ce point là que je reste un peu sur ma faim. Regioneo indique avoir reçu l'aide de Wiseed, plateforme d'investissement dans les entreprises innovantes à partir de 100 euros et jusqu'à un montant de 100 000 euros maximum et ce pour une réduction d'impôts jusqu'à 100%. Pourquoi ce minimum de 100 euros ? Pourquoi un maximum de 100 000 euros ? Pourquoi et comment obtenir une réduction d'impôts de 100 % ? J'avoue que ma curiosité est un peu frustrée. Une visite rapide sur le site de Wiseed ne répond pas vraiment à ces questions, toutes les routes empruntées ou presque amenant au catalogue des entreprises à financer... il n'y a qu'une petite note dans un coin mentionnant la réduction de 25% sur le revenu IRPP et 75% pour l'ISF. J'imagine que la valeur minimum à 100 euros est pour éviter les micro financements et couvrir les frais. Mais 100 000 euros comme valeur maximum ? Cela semble plus que ce qui est mentionné dans le guide fiscal 2010. J'ai raté quelque chose ?

Le site Wiseed apparait aussi un peu *cassé*. En dehors du fait que tous les gros boutons de navigation disponibles sur la page d'accueil mène uniquement au catalogue des entreprises à financer... lorsque l'on clique sur le logo d'une des entreprises déjà financées... on obtient un gros

"Page non trouvée
La page que vous avez demandé n'existe pas"

Reste que le concept est séduisant et que l'investissement individuel dans une start up devient (presque) bête comme chou.
Comment l'actionnariat est-il ensuite géré ? Simple aussi. Pour chaque entreprise innovante, WiSEED créé un holding qui investira dans celle-ci et chaque investisseur aura des parts de ce holding. L’investisseur devient donc actionnaire du holding qui devient actionnaire de l’entreprise visée. Hop.


J'en profite pour rappeler que Wikipedia est financé par la générosité de ses utilisateurs . Si vous résidez en France, un don à l'association Wikimedia France vous permettra d'obtenir une réduction d'impôts égale à 66% des versements effectués dans l'année, versements pris en compte dans la limite de 20% du revenu imposable global net. En échange, aucune part dans un quelconque holding, mais un sentiment de chaleur et de joie dans le creux de l'estomac. J'dis ça, j'dis rien.

mardi, juin 1 2010

Publication d'un ouvrage sur civicrm

Décidement la saison des livres...

Adam hyde, fondateur de FlossManuals (free manuals for free software) nous a fait parvenir leur dernier communiqué de presse signalant la sortie d'un guide complet sur CiviCRM.

Pour ceux qui ne connaissent pas CiviCRM, c'est un logiciel sous licence libre, fonctionnant avec les plateformes Joomla ou Drupal, largement internationalisé. Il a été développé avec en particulier à l'esprit d'aider les organisations non lucratives à gérer leurs relations avec leurs membres, leurs donateurs et plus généralement toute personne facilitant leur mission.

La Wikimedia Foundation (hébergeur de Wikipedia) utilise CiviCRM pour gérer les milliers de donateurs de fonds permettant à Wikipedia de fonctionner au jour le jour. L'association Wikimedia France, déjà utilisatrice de Drupal pour son site web http://www.wikimedia.fr a commencé à mettre en place CiviCRM pour la gestion de ses donateurs (6000 personnes lors de la levée de fond 2009-2010). Mon activité principale au sein de l'association Wikimedia France (en dehors de mon rôle de membre du conseil d'administration) consiste précisément à développer notre capacité à collecter des fonds afin de soutenir les projets Wikimedia. Pour avoir déjà passé un BON NOMBRE d'heures à essayer de faire fonctionner (et surtout de customizer) ce logiciel, je me réjouis de la publication de cet ouvrage.

Merci aussi à l'Open Society (Soros Foundation) pour avoir aidé à la publication de ce guide. Il peut être imprimé grâce à Lulu.com (http://www.lulu.com/product/item/civicrm/11059759) ou bien tout simplement téléchargé gratuitement sur le site de FlossManual (http://en.flossmanuals.net/CiviCRM/FM_28May10.pdf).

Press release

31 May 2010
SAN FRANCISCO

CiviCRM - the book before the software

'CiviCRM: a comprehensive guide', written for end-users, administrators and developers, was launched today. CiviCRM is open source constituent relationship management software designed for non-profit, political and advocacy organizations.

The book was released before the scheduled release of version 3.2 of CiviCRM. This is quite unprecedented in the open source world, which is often criticized for its lack of documentation. The book offers complete coverage of CiviCRM functionality. It was written during an intensive four day 'book sprint', with the best and brightest from the CiviCRM community. Editorial assistance, Book Sprint Facilitation and infrastructure was provided by FLOSS Manuals. The final product is a comprehensive book available for viewing online, as an eBook or in hard copy.

Adam Hyde, founder of FLOSS Manuals stressed, "''It's quite unprecedented for an open source project to publish complete documentation before the release of a new version of the software. This shows that the book sprint model is a sustainable way to produce timely and up to date documentation for an open source project." He continued, "A diverse group of people from the CiviCRM community participated in facilitated discussions and writing. At the end of the sprint, out popped a book''."

Dave Greenberg, project manager at CiviCRM said, ''"the project places a high value on complete and useful documentation. It's crucial in increasing the uptake of the software''."

Contact

Dave Greenberg, dave@civicrm.org, + 1 415 8464717
Adam Hyde, adam@flossmanuals.net, + 49 177 4935122

Background

Book Sprints are an innovative format based on Code Sprints but with the focus on producing documentation instead of code. A sprint brings together a group of writers, editors, and perhaps an artist and production specialist, to go from outline to published book in five days.

CiviCRM is an open source CRM designed for non profit, political and advocacy organisations. v3.2 is it's 15th major release in 5 years.

'CiviCRM: a comprenshive guide' builds on the previous book 'Understanding CiviCRM: a guide for non profits' also written in 2009 during a similar book sprint. It is the largest book hosted at FLOSS Manuals.

Both CiviCRM book sprints were funded by grants from Open Society Institute. The proceeds of the book will go to Social Source Foundation, the non-profit organization that funds CiviCRM.

More info

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