Anthere's Weblog

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mercredi 26 mars 2008

Davos et les images libres

Quand on pense Davos... on pense capitalisme effréné. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant un paquet de photos prises par les photographes professionnels de Davos, en ligne sur Flickr, sous une licence libre...

Tellement surpris qu'un wikipédien a même écrit au WEF pour vérifier qu'il n'y avait pas erreur (publication rogue, erreur d'attribution de licence etc...). Et bien non, c'était prévu et délibéré.

Chapeau.

jeudi 20 mars 2008

Rendons à César

J'ai assez critiqué Le Monde par le passé pour devoir reconnaître la qualité du dernier article de Mr Le Gendre sur Wikipedia. Sans être exempt d'erreurs (mineures) ou pêcher par des approximations ou raccourcis un peu rapide, c'est un bon article, bien équilibré et plutôt flatteur. Bravo !

Par les approximations, j'ai relevé "Attentive à cette concurrence, la présidente de la Wikimedia Foundation, une agronome de 39 ans, la Française Florence Devouard, a annoncé que bientôt certains articles, considérés comme sûrs, ne seront plus modifiables.". En fait des wikipédiens ont relevé l'erreur pour moi et m'ont demandé de clarifier. J'ai donc écrit à Mr Le Gendre, qui m'a appelé hier soir.

Le sujet de la "protection en édition" ou "stabilisation" des articles revient régulièrement. Il est particulièrement difficile à envisager, car les wikipédiens ont tendance à estimer qu'un article ne sera jamais fini. Le savoir n'a pas un début ou une fin, n'est pas un cercle avec des limites infranchissables, mais au contraire est vivant, évolutif, organique. Le concept même de "stabilisation" d'un article est difficile à imaginer. Au cours du temps, on a vu se développer les "pro" (qui souhaitent la mise en place de versions stables) et les "cons" (qui considèrent Wikipédia comme un projet en cours, éternellement en cours...).

De nombreuses options ont été évoquées. Ainsi, en 2001, la création de Wikipédia n'était destinée qu'à être une version de brouillon de Nupédia (le projet encyclopédique démarré par Jimbo avant Wikipédia). Il est intéressant de consulter les mémoires de Larry Sanger à ce sujet, publiées sur Slashdot. Pendant plusieurs années, Jimbo fit de multiples tentatives pour effacer de la mémoire publique la participation essentielle de Larry à la création et au développement de Wikipédia. Néanmoins, les témoignages des wikipédiens de l'époque et les listes de discussions de l'époque montrent bien l'implication de Larry. Larry fut en quelque sorte le directeur exécutif de Nupedia, projet d'encyclopédie basée sur internet et sous license libre. Le projet Nupédia reposait sur un processus éditorial très classique, avec chaîne de production et validation, et contrôle de l'identité et de l'expertise des auteurs. Avec environ 25 articles validés début 2001, Jimbo et Larry ont commencé une réflexion sur l'avenir du projet et les moyens qui pourraient être utilisés pour booster la productivité. Il semble que Larry fut le premier à entendre parler des "wikis" et à proposer le concept à Jimbo. L'idée de Larry était la pré-production d'articles sur Wikipédia, articles qui pourraient ensuite passer par la moulinette de validation de Nupédia.

Wikipédia a très vite dépassé sa grande soeur, puisque des centaines d'articles furent créés dès les premières semaines. Pendant un certain temps, Larry, puis Maverick (Daniel Mayer) ont suggéré le transfert des articles de qualité dans Nupedia, ou dans un site d'hébergement d'articles "stables". Ce qui ne s'est jamais vraiment fait. Des sites miroirs, recopiant la totalité du contenu se sont multipliés, mais ceux-ci ne proposent que le contenu de Wikipédia, sans aucun processus de validation ou même de contrôle de premier niveau. Un exemple connu d'un tel miroir est Answers.com. Plus récemment, le site Veropedia (anglais seulement) propose de travailler à "valider" ou au moins améliorer le contenu de Wikipédia.

Au final, le projet Nupedia fut un échec total (environ 80 articles produits en 2 ans), et fut abandonné en 2003. Plus personne ne semble suggérer la production d'un site séparé, hébergeant les articles stabilisés. Pourquoi ? Je suppute que les aspects de traffic y sont pour quelque chose.

En tous cas, le sujet de "validation" des articles de Wikipédia revient régulièrement sur le tapis. Pour la petite histoire, en discutant l'aspect qualité lors d'une conférence donnée à l'IUFM d'Auvergne il y a 1-2 mois, je mentionnais les bandeaux d'alertes (non neutre, manque de source, ébauche etc...), et... le système des "articles de qualité" (processus d'identification de BONS articles sur Wikipédia, par la communauté; articles identifiées en haut à droite des articles par une petite étoile dorée). On me demandait alors combien la wikipédia francophone (600 000 articles) comportait d'articles de qualité. En live, nous avons cherché la réponse.

Je cite :

Afin de permettre à nos lecteurs d’élargir leurs horizons de lecture, nous avons sélectionné parmi nos 638 545 articles 432 articles et 24 portails qui reflètent la diversité et la richesse de Wikipédia. Ces articles et portails sont reconnaissables grâce à la présence d’une étoile () dans le coin supérieur droit de la page.

432 articles de qualité sur 638 545 au total. Moi, je dis BRAVO !

Il parait évident que nous en avons un peu plus de 432, mais le système en place (technique et social) n'est pas approprié pour la sélection. Et puis surtout, la sélection d'articles n'est pas très fine, puisque par définition, les articles évoluent. Nous pouvons avoir le 15 mars un article excellent sur la culture de la Tunisie; mais à tout moment, un éditeur peut venir le vandaliser, ou tout simplement le modifier de telle sorte qu'il ne méritera plus son status d'article de qualité. Bref, la qualité ne doit pas identifier un article, mais une certaine version d'un article.

Un autre exemple, un autre effort, beaucoup plus avancé celui-ci; celui de l'équipe anglophone s'occupant de la sélection des articles publiés sur le DVD de Wikipedia. Quelques liens d'intérêt à explorer, montrant l'ampleur du travail à fournir:

Eté 2006, il fut même annoncé la sortie prochaine de fonctionnalités permettant de mettre en place un système de validation. Deux ans plus tard... les choses ont quand même bougées, avec la mise en place d'un portail Qualité, qui propose différentes pistes de travail.

Finalement, une fonctionnalité (petit nom de code, les FlaggedRevisions) a été développée et mise en place sur deux wikis de test. Voir l'annonce par Arria sur la liste francophone. Le concept est assez simple. Chaque version d'un article pourra être dans un status particulier, par exemple "brouillon" ou "non vandalisé" ou "bon article" ou "excellent article". Sur le fond, nous disposons déjà depuis longtemps d'une fonctionnalité nous permettant de flagger une version comme "patrouillée" ou "non patrouillée". Le résultat n'est pas directement visible par le lecteur, mais simplifie la tache des patrouilleurs, leur évitant de refaire le travail déjà fait par un autre wikipédien.

La nouvelle fonctionnalité ne permettra pas à un visiteur x de commenter l'article ou de noter l'article comme cela se fait de plus en plus couramment sur beaucoup de sites d'actualités. Par contre, elle permettra à certains éditeurs d'avoir l'autorité de flagger une version d'un article comme ayant un certain degré de qualité ou de validation. Selon cette technique, la version du 15 mars de l'article sur la culture de la tunisie peut être "de qualité", mais la version du 16 mars sera "non vérifiée". L'idée étant de fournir un accès aisé, à tout moment, soit à la version courante, soit à la dernière version de meilleure qualité.

Maintenant, il reste trois grandes questions

Question 1: qui va être autorisé à modifier le flag d'un article ? Le passage d'une version "personne n'a vérifié cet article" à une version "il n'y a pas de vandalisme sur cette page" parait assez facile à gérer. A priori, n'importe quel éditeur présent sur Wikipédia depuis quelques semaines devrait se voir donner le statut permettant de flagger un article comme non vandalisé. A défaut, un sous groupe d'habitués. Par contre, faire passer un article à un status de "article de qualité" est une autre paire de manche. Je présume que la décision continuera à être prise collectivement sur une page de discussion.

Question 2: Quelle version sera visible par le grand public ? Certains souhaitent que soit affiché par défaut, la meilleure version d'un article, avec lien vers la version courante. D'autres souhaitent que la version courante, modifiable, soit la version visible par défaut, avec lien vers la "meilleure version". Les deux ont des avantages et des défauts. En affichant la meilleure version, on risque de perturber la compréhension du lecteur qui veut devenir éditeur, et voit une version éditable différente de la version publiée. En affichant la moins bonne version, on perd en grande partie l'intérêt de la fonctionnalité. Quand on ajoute que chaque communauté linguistique pourra choisir quelle version afficher par défaut, les lecteurs multilingues risquent d'être très très perplexes. Je gage que les anglophones vont préférer la version "de qualité" par défaut, alors que les arabes vont choisir la version "courante" par défaut, tout simplement parce que les projets anglophones et arabophones sont à des niveaux très différents de développement.

Question 3: Quelle responsabilité légale pour le flaggeur ? les implications légales sont mystérieuses. Pour l'instant, la Foundation est responsable en tant qu'hébergeur. Les participants sont responsables de ce qu'ils écrivent. Si nous mettons en place une modalité permettant à un utilisateur de valider une version, il acquiert un nouveau degré de responsabilité éditoriale, et il devient responsable de la totalité du contenu de l'article en tant qu'agent du processus de validation. J'ignore ce que la justice en pensera, ce qui est certain est que l'avocat de la Foundation a fortement suggéré à toute l'équipe salariée ainsi qu'aux membres du conseil d'administration de ne JAMAIS flagger un article.

Conseil que je vais suivre....

lundi 10 mars 2008

Election de la totalité d'une liste électorale SAUF de la tête de liste...

Il est minuit passé, et je suis rentrée un petit moment à la maison, me faire un café. J'ai fuit le préau abritant le dépouillement des élections municipales (et cantonales, mais celles-ci, tout le monde s'en moque. Le dépouillement cantonal est fini depuis longtemps, la commune a voté socialiste et je ne connais même pas le nom du représentant socialiste...).

C'était la première fois que je participais réellement à une élection à l'échelle de la commune. Passé le plaisir de faire émarger environ 200 votants ce matin, j'essaye de rester éveillée pendant le pénible dépouillement des bulletins. Le système de panachage et surtout la possibilité de rajouter manuellement d'autres habitants de la commune, non candidats, se révèle douloureux. D'autant que les règles de dépouillement ne permettent pas vraiment de remplacer les povres responsables du dépouillement, qui après avoir passé une bonne partie de la journée à tenir les bureaux de vote, s'amusent maintenant à ajouter des batonnets en face d'une cinquantaine de noms. 6 heures à dépiauter des bulletins et à recopier à la main les noms fantaisistes de candidats agés de 96 ans, à moitié séniles... bof bof bof.

L'équipe vient d'entamer l'ouverture du 5ème lot. Il reste un petit sixième, 522 votes au total. On y est presque. Petite satisfaction personnelle, je suis d'ors et déjà élue, puisqu'ayant déjà dépassé les 262 votes me permettant d'atteindre les 50% d'approbation.

Je suis tout de même bien embarassée. La totalité de ma liste est d'ors et déjà élue... sauf notre tête de liste, notre leader, celui que nous avions choisi comme futur maire (et qui est déjà fort d'une expérience de 2 mandats en tant que maire de la commune). Certes, il sera proposé à nouveau au deuxième tour, mais il est en ballotage défavorable avec un candidat indépendant.

Pourquoi ? parce qu'il a osé fricoter avec un jeune... bon, on passe sur l'histoire... mais une fois encore, je reste perplexe devant la sagesse populaire consistant à élire la totalité d'une liste sauf celui qui était prévu comme maire. Concrètement, cela veut dire une perte énorme d'historique et d'expérience, un groupe de personnes majoritairement débutantes en terme de gestion communale, et ... pas de leader. Christian souhaitait que je m'implique sur les relations avec le Grand Clermont, et était la personne responsable de ces relations les années passées. Il semblait envisager de me "coacher" pour pouvoir ensuite me déléguer en partie cette responsabilité. Donc concrètement... sans lui... le passage de l'expérience, ça se passera comment ?

mardi 26 février 2008

L'ouverture de Prizee Café à Cournon

Un des gros challenges des vacances est d'occuper trois enfants de classes d'âge différentes: 11 ans, 9 ans et 2 ans. Après un passage (salissant) dans les grottes de bitume situées près de Pontduchateau, j'ai baissé les bras devant l'option Laser Game (il faut des équipes de 6 joueurs... je n'ai QUE trois enfants, exit Laser Game). La Fête forraine est une option, à condition de pouvoir prêter le plus jeune à une bonne âme. Le plateau de Gergovie est toujours une valeur sûre pour un picnic et un match de foot quand le temps est au beau. La neige a disparu des monts auvergnats, sous les coups de boutoir du réchauffement global, donc la valeur ski est en chute libre. Hmmm, la piscine est une bonne option également, à condition que l'ambiance ne soit pas aux rhumes et gastro.

Et puis, j'ai trouvé il y a quelques jours dans ma boite aux lettres, une invitation pour l'ouverture (et les 15 jours qui suivent) du premier Café Prizee. Pour ceux qui ne connaissent pas Prizee, c'est le célèbre site de jeux en ligne, n°1 en France. C'est aussi une société auvergnate dont j'ai rencontré le boss sur un plateau de télé local il y a un an (d'où l'ajout dans la base de données me permettant d'être informée de l'ouverture...). Prizee, pour une fana d'internet, c'est un fabuleux concept économique, l'achat de packs permettant de jouer à un nombre x de parties (chaque partie pouvant rapporter des cadeaux... ou de nouvelles parties gratuites). Pour une mère de famille... c'est une sorte de petit cauchemard :-) "quoi, il y a encore une promo sur le 10-packs ? et alors ?"

Bref, Prizee vient de commencer un nouveau concept, le restaurant-cybercafé-espace enfant. Installé dans un joli batiment rond, juste derrière le Zénith, c'est un espace super lumineux, aux couleurs pétantes de Prizee, décoré des petits personnages Bubulle, Toudou, Diabolo... avec des effets lumineux, une piscine à boule/toboggan, des consoles, une trentaine d'ordi connectés à internet pour 2,40 euros de l'heure, un bar sandwicherie, un resto, le tout adapté à la fois aux adultes et aux gamins. TROP COOL.

La carte m'a réjouie. Une sorte de carte fast-food, mais bourrée de plats diététiques en plus des burgers (poissons, soupes). Des plats tout bêtes cotoient les plats plus sophistiqués (si, l'oeuf coque !). Une attention particulière apportée à l'aspect visuel des plats (même la purée jambon se pare comme une reine). Et puis surtout, un côté gustatif assez "particulier" puisque la carte fait belle place aux mets favoris des gamins, revisités grande cuisine. Kiri, babybel, nutella etc... se mèlent avec bonheur avec ingrédients tout simples... pour un résultat franchement alléchant (quoique la crème brulée au nutella ne m'ait pas vraiment emballée). Si c'était pas clair, les gamins et moi étions ravis de notre visite.

Les favoris

William (en ressortant des toilettes pour hommes): c'est fou, tu sais les trucs dans lesquels on fait pipi (oui, les pissotières), y en a des hautes pour les adultes, et des basses pour les enfants.

Anne-Gaëlle (noyée dans la piscine à balle): c'est génial. Tu as vu les lumières sur les murs ? On pourra revenir de nuit pour les voir mieux ? Et puis, tu sais, dans les toilettes (décidemment), ils projètent des vidéo de prizee sur le mur

Thomas (qui ne parle pas encore): bahbahbahba.
Okay, surtout, il n'a pas hurlé, ni piétiné. Il s'est promené partout, sans risque de renverser des choses, sans risque de s'empoisonner, sans se voir faire les gros yeux par un serveur exaspéré. Il a exploré tout le batiment de haut en bas, regardé les écrans, glissé dans le tobogan. Etc... En fait, cela m'a rappelé les Etats-Unis. Après la naissance de William, nous avons continué à régulièrement aller au resto, car là-bas, les resto accueillant les familles sont très nombreux. A notre retour en France, nous avons du déchanter, les gamins ne sont pas les bienvenus au restaurant. Reste surtout Mac Donald, Quick, Leon, le 13-15...

Seul point noir: un tuyau fuyait au plafond, dans la zone "jeux consoles". Donc, sous le plafond éventré, deux seaux. Et les consoles retirées pour éviter la noyade je présume. Sinon, un résultat franchement enthousiasmant.

Reste à voir si économiquement le concept est viable. Les prix adultes sont un peu élevés (14 euros pour le plat adulte), mais les prix gamins très doux. On est dans la tranche économique plutôt aisé, sans plus. Le rapport qualité prix me semble excellent. L'emplacement (derrière le Zénith) est porteur (journée pour les enfants, soirée en cybercafé/bar; développement d'une zone bureau proche). Maintenant, il est évident que la plus value sera sur le gain de nouveaux utilisateurs ou sur l'augmentation de visiteurs payants de Prizee.com. Dans cette optique là, l'idée consistant à projeter des démos des jeux Prizee sur les murs me semble complètement gagnante. Pendant que la tête blonde s'éclate dans la piscine à bulle, le parent peut se convaincre de la nature complètement inoffensive et non violente des jeux de Prizee. L'ambiance sécurisée du resto (y compris les chaises hautes rembourées) achevant de convaincre le parent d'avoir affaire à des personnes soucieuses de la qualité du service fourni à un public sensible.

Moi, je dis chapeau

lundi 18 février 2008

Wikipédia, Ange ou Démon

Petit à petit, un autre paysage se dessine. En 2004, les premiers articles de presse concernant Wikipédia ont touché le monde de l'informatique. Puis, on a vu fleurir les réactions des documentalistes et des enseignants (courant 2006). En 2007, ce fut au tour de la presse et des encyclopédies traditionnelles que de s'intéresser à Wikipédia. Depuis 6 mois, c'est le monde de l'entreprise qui s'intéresse à ce que nous avons à dire, ou à leur apprendre, bien que d'une manière générale, le doute subsiste.

Ces derniers temps, les demandes d'intervention auprès du monde de l'entreprise se sont multipliées. Certaines sont bien sûr privées et je ne les mentionnerais pas :-)

Parmi les évènements de janvier, la participation à un petit déjeuner à l'Unesco, organisé par Jane Mc Connell, consultante indépendante, spécialisée dans les intranets. Je viens de trouver un blog qui fait référence à cette présentation, site à visiter !

mardi 5 février 2008

Wikipedia hits logs

Brion Vibber (CTO of Wikimedia Foundation) just answered to one of my questions, with interesting links.

My concern was announcements such as this one, where it is reported that In August, 2007, Answers.com, a publicly traded company, announced to its shareholders that, due to a slight change in Google’s ranking algorithm, traffic and revenue for the company would decline by over 25%.
With the recent discussion over Knol, and rumors heard here and there, I was wondering if our hits from Google were possibly decreasing or not. If Google is really planning an online encyclopedia to enter in competition with Wikipedia, and want to favor theirs, they better twist the algorithms as early as possible if they do not want to be called "evil". Well, even if they do not twist anything, such a project is likely to make our own ranks drop. As I already stated, this might have good side effects, with less financial pressure on us, and hopefully less jerks. But on the dark side, the press will raise hell, so, better anticipate :-)

Anyway, Brion pointed out to one stats snapshot he made last summer. In short, 50% of our hits are coming from Wikipedia articles themselves, 25% from Google, 16% no referrer, 3% other wikimedia projects, 3% internal wikipedia search. All other referrers are 2% or less. This was from a sample taken last summer.

In two new graphics, he gave us the hits by referer group (%) and same, in raw sampled hit counts. This is from march 07 till february 08. Incidently, we are over 8 billions hits per month !

He reported that "the only significant change between March 2007 and now is a spike in May-June for 'x-gadget:' URLs which I believe are an IE 7 search widget thingy, which has steadily declined ever since."

I also asked if there was any relevant way to follow up ranking of a word-search over time ? (as in "wikipedia result is in top 5 in january, in top 10 in march, in top 20 in june").

One wikipedian (quite humorously) answered he had a brief discussion with A.L. about this many months ago where he suggested some kind of "Wikipedia World Domination Index", that is the percentage of terms that are right now in the public debate and are on 1st rank at google for a standard search.

Linguists from Leipzig are each day presenting the "Words of the day" based on the relative frequency of words in today's newspapers.

Alors finalement, Davos ?

Je commence enfin à me réveiller. La semaine passée à Davos fut assez éprouvante. Breakfast sessions tous les jours, suivies d'un mix de sessions publiques ou privées dans la journée, déjeuners et diners "de travail", et fêtes tous les soirs. Le tout entrecoupé de multiples déplacements à pied entre chaque hotel, en essayant de ne pas "déraper" sur les trottoirs gelés, sauf les jours de chance, où je squatte la limousine d'une princesse des mille et une nuits. Cela étant, utiliser les multiples shuttles mis à la disposition des membres est une bonne opportunité pour engager la conversation avec de parfaits inconnus.

Je repars assez éblouie, avec assez de souvenirs pour me nourrir assez longtemps, ou à jamais d'ailleurs, car je n'imagine pas avoir l'opportunité de retourner dans le petit village suisse dans le futur. Une opportunité rare - il est amusant de voir le nombre de personnes commençant la conversation par "et vous êtes déjà venu combien de fois à Davos ?", ce qui doit constituer une mesure de l'importance de l'interlocuteur. Une autre mesure de l'importance de la personne est l'hôtel dans lequel elle se trouve hébergée. L'hébergement à Kloster, village le plus proche de Davos, étant clairement un signe d'ostracisme :-)

Eblouie par la multiplicité des relations que l'on peut nouer. Mais, tout autant, effarée par le monofocus de la plupart des participants (le lundi noir suivi du scandale de la Société Générale le jeudi n'ont pas du aider...). L'argent, l'économie, le risque de récession, la bourse, les subprimes, les scandales financiers etc... étaient sur toutes les lèvres, listés comme priorités de l'année.

Retour dans le monde réel.

samedi 26 janvier 2008

Google After Hours

Davos est un véritable marathon; journées continues de 8 heures à minuit passé, tous les soirs. J'ai vécu des moments fabuleux, hyper intéressants, et puis quelques-uns d'un ennui profond ou de frustration. Mes préférences vont sans le moindre doute aux sessions privées prévues pour les tech pio, qui sont d'une grande richesse et interactivité.

Ce soir se tenait la Google Party. J'en ai entendu parler toute la semaine, comme évènement exceptionnel, très attendu, avec gueule de bois garantie le lendemain etc...
J'ai donc décidé de m'y rendre... la party avait lieu au Belvédère, hotel de luxe situé à côté du centre des congrès. Après avoir dépassé les limousines, puis passé les contrôles de sécurité (y compris le tunnel de détection), fait la queue pour poser mon manteau au vestiaire, je me retrouve dans un grand couloir feutré, entourée d'un mix de gens habillé business relax, et de black tie.
Au bout du couloir, une porte, donnant sur une relativement petite pièce, bourrée de monde. Visiblement, quelqu'un fait un discours, à priori un des fondateurs de Google. Je ne résiste pas, je me glisse dans la pièce. En respirant bien profondément et lentement, pour contrer les effets de la claustrophobie. Il fait chaud, très chaud, les gens sont collés les uns aux autres. La femme devant moi est en robe longue...rouge... peu habillée, la chanceuse.
Le speaker continue. Je comprend mal son discours, je présume qu'il fait usage de références culturelles, car les gens rient un peu autour de moi, alors que le côté amusant m'échappe complètement. Le micro passe à un autre... l'autre fondateur ? Ils plaisantent sur Blair. On encense la gamme RED. Le micro circule encore. Je perçois quelques têtes. Ah, c'est Bono qui parle à présent ("je ne suis pas dans le hardware, ni dans le software, mais chez Victoria Secret" (l'underwear). Okay, ça doit être drôle. Pendant une petite demi-heure se déversent vagues commentaires peut être amusants (?) et discours sucré (genre "faut sauver les africains"), et platitudes capitalistes. Je m'ennuie ferme. Le discours finit, la plupart applaudissent. Je ne comprend pas pourquoi. Etait-ce drôle ? Ou est-ce leur richesse et leur puissance qui les rendent admirables ? Je ne peux m'empêcher de penser au discours de Ms Rice, à la présentation de Mr Gate, et maintenant à celle de Bono. En commun, un merveilleux étalage de tout ce que je déteste dans l'Amérique. La suffisance, le pouvoir du fric, l'idéalisme, le côté "je suis riche donc j'ai le devoir de sauver le monde". J'ai entendu tellement de compliments ces derniers temps, sur ces gens riches qui choisissent de sauver le monde. Et je me dis que les wikipediens sont peut être en train de sauver le monde. Est-ce moins précieux car ils n'y mettent pas leur fortune, seulement leur temps et leur bonne volonté ?

Bon, à droite, à 5 mètres, la porte de sortie. A gauche, à 2 mètres, les drinks et petits fours, inaccessibles. Devant, à 3 mètres, les dieux vivants, inaccessibles aussi. Mince...

Soudain, l'accablement me saisit. L'idéalisme dégoulinant de nos amis d'Amérique me prend à la gorge. Je suis prise d'un accès grave de claustro, je nage vers la sortie, j'écrase des pieds, sorry, sorry, excuse me, beg your pardon etc... Le couloir... enfin, je respire. Et je me met en veille. Qui m'entoure en fait ? je n'entend que des accents américains. Les autres participants à Davos doivent être ailleurs. Que font les fétards ? Ils boivent du champagne et parlent fort. Pourquoi le font-il ? C'est fun. La salle est toujours peuplée de sardines en boîtes, sauce champagne. Le brouhaha est inintelligible. Je reste un moment, observatrice. Je me rappelle des cocktails aux USA... les gens se réunissaient, prenaient un verre et puis bavardaient de tout et rien. Networking only. Il me semble avoir quitté la Suisse, téléportée dans la Silicon Valley.

J'ai attendu un peu, au cas où Houdini apparaîtrait soudainement, pour donner un peu plus de corps à cette fête jugée "real cool". La salle reste bondée, mais le couloir se vide peu à peu. Je retourne du côté des vestiaires. Des gens arrivent au compte goutte. Et puis beaucoup repartent. Le clou de la soirée est-il les borgorygmes de 3-4 personnes dans une salle surchauffée et sous dimensionnée ? Il doit être minuit et demi.

Non, en fait, la fête continue avec un célèbre DJ. Danse à gogo, avec des étrangers blancs, riches et célèbres. A tout prendre, j'aime autant une fête avec des potes. Petit à petit, la moyenne d'age chute, les badges bleus remplacent les badges blancs (les bleus sont les staffs, les blancs avec liseré bleu sont les membres, les tout-blancs sont les épouses - ou époux, mais c'est bien rare...).

Je récupère mon manteau, et retourne à l'hotel à pied. Il fait beau depuis 4 jours. La lune décroît doucement. La session de demain est à 8h.

Ant